Persécuté ?

Silvio Berlusconi, président du conseil italien depuis avril 2008.

C’est un lien laissé par la bloggeuse Eurosocialiste (je vous conseille d’ailleurs son blog, il est bien fait, d’autant plus qu’elle prend la peine de le rédiger en anglais, en plus du français) au sujet de Silvio Berlusconi qui m’a attiré l’attention. C’était aussi l’occasion de rédiger un billet sur l’actuel Président du Conseil Italien, chose que je reportais sans cesse depuis un certain nombre de jours.

Mais revenons au lien. Dans un article du quotidien britannique « The Times », l’actuel chef du gouvernement italien déclare tout simplement et en toute modestie qu’il est l’homme « le plus persécuté au monde de toute l’Histoire ! » (Si ! Si !). Une tonitruante déclaration qui a le don de me surprendre qu’à moitié quand on connaît la mégalomanie et les excès du personnage et qui ne semble pas choquer une majorité d’Italiens qui le soutiennent toujours. Preuve en est, un récent sondage fait état que 53% des Italiens revoteraient pour Berlusconi si on organisait des élections législatives.

Berlusconi, 73 ans, fait donc dans le lyrisme et l’exagération comme il sait si bien le faire pour remettre en cause la justice de son propre pays et plus précisément, la Cour constitutionnelle italienne. Aussi, s’en est-il pris aux juges constitutionnels pour leur parti pris à gauche, lui-même se considérant comme le seul rempart contre le retour de la Gauche en Italie. C’est vrai, les démocrates italiens sont les nouveaux communistes ayant les couteaux entre les dents et Berlusconi est le seul qui puisse sauver l’Italie de l’anarchie sans compter que les juges constitutionnels sont de mèche contre le Cavaliere !

Or, la décision des juges constitutionnels mercredi dernier annulant la loi permettant à Silvio Berlusconi de bénéficier de l’immunité tout au long de son mandat – lui permettant ainsi de mettre en parenthèse les poursuites judiciaires dont il faisait objet – a une portée politique essentielle tant que cette loi était considérée comme anticonstitutionnelle car ne mettant pas les citoyens italiens sur le même plan. L’arrêt de mercredi dernier était très attendu tant que l’Italie, depuis le retour de Berlusconi au pouvoir, s’engage dans une pente descendante allant de la chasse aux immigrés à une certaine mégalomanie de la part de Berlusconi mettant à mal la démocratie italienne.

Il fallait donc mettre un holà, ce qu’a fait la Cour constitutionnelle italienne, ce qui montre encore qu’on tient à la légalité et à l’égalité entre les citoyens côté transalpin. Personnellement, je ne sais pas si cela suffira pour déstabiliser Berlusconi tant qu’il conserve une forte popularité. Il pourra toujours s’appuyer sur une majorité d’Italiens qui plébiscitent un homme qui a un sacré bagoo et dont ses déclarations toutes faites font mouche dans l’opinion publique italienne. Toutefois, il ne pourra échapper aussi longtemps à la justice de son pays. S’il se sent si persécuté, c’est qu’il a quelque chose à se reprocher sans doute !