Ils ne passeront pas

Clément avait 19 ans. Il était militant au Parti de gauche et étudiant à Sciences Po Paris. Il était à Saint-Lazare, rue Caumartin, en train de militer tranquillement pour ses idées.

Puis, une rencontre avec des jeunes skinheads. Puis, une altercation, puis un coup violent. Très violent.

Clément est en état de mort cérébrale à l’heure où j’écris ces lignes. Bien que l’hôpital de la Pitié-Salpétrière n’ait pas officiellement confirmé cette information, il est malheureusement peu probable que Clément s’en sorte.

Je suis très attristé par la mort de ce jeune militant de gauche, apparemment sans histoires. Attristé et surtout en colère parce qu’en 2013, il existe encore des groupuscules racistes et fascistes qui non seulement font preuve d’intolérance mais qui plus est, n’hésitent pas à donner le geste définitif au nom de leurs idées.

Reste à connaitre les conséquences d’un tel acte. Si l’ensemble de la classe politique a, bien évidemment condamné cet acte barbare, il est encore trop tôt néanmoins pour en tirer des conclusions dans le sens où il faut laisser la police et la justice faire son travail pour mieux comprendre ce qu’il s’est réellement passé. Dans ce climat (très) pesant, la vengeance ne doit succéder à la haine.

Au contraire, c’est en réaffirmant nos principes démocratiques et nos libertés fondamentales que nous pourrons mettre en avant et défendre nos valeurs républicaines face à ceux qui veulent les bafouer en installant la terreur et en cherchant à intimider la plupart d’entre nous.

Oui, ils ne passeront pas ! Comme en 1936 – 1939, en pleine guerre d’Espagne, les fascistes et autres mouvements anti-démocratiques ne passeront pas, piétiner nos valeurs et notre credo républicain. A l’instar des groupes extrémistes radicaux et religieux, la vigilance et la lutte contre ces groupes fascistes et fascisants doit être permanente et sans concession.

Au nom de nos valeurs républicaines, ils ne passeront pas !