Touchée au cœur !

Cécile Duflot n’a pas pu retenir ses larmes, tellement la charge était forte.

Cette après-midi, lors des questions au gouvernement, Philippe Meunier, député UMP du Rhône, revient sur le tweet polémique de Xavier Cantat, le compagnon de la ministre du Logement et de l’Egalité des territoires. Un tweet dans lequel il se targuait d’avoir snobé le défilé militaire du 14 Juillet, le qualifiant de « défilé de bottes » et que Meunier a rappelé pour mieux insister sur le manque de respect et de considération de Xavier Cantat envers l’armée française et proposer au chef du gouvernement qu’à l’avenir on invite les familles des soldats qui sont illustrés au nom de notre armée. Suite à la question du député du Rhône, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s’exprime et prend la défense de Cécile Duflot en dénonçant l’attitude minable et ridicule du représentant UMP.

Bien que je ne sois pas d’accord avec Xavier Cantat, il n’en demeure pas que la sortie du député Meunier était belle et bien mesquine, dans la mesure où elle n’avait qu’un seul objectif, blesser la ministre et l’attaquer non pas sur sa politique mais sa vie privée et celle de ses proches. Evidemment, il convient de rappeler que le tweet du compagnon de la ministre écologiste portait à polémique dans la mesure où il a profité de son statut social pour exprimer son point de vue et faire ainsi du buzz mais également de la politique. En effet, les écologistes sont réputés pour être des antimilitaristes et certains d’entre eux sont souvent exprimés leurs réserves quant à la pertinence du défilé militaire du Quatorze Juillet, tel Eva Joly en 2011 qui, candidate à la présidentielle, suggérait qu’on le remplace par un défilé citoyen. Des propos qui avaient provoqué une vive réaction au sein de la majorité de droite d’alors, certains comme François Fillon et Lionel Tardy (député de Haute-Savoie) ayant eu des attitudes clairement xénophobes à l’égard de l’ancienne juge d’instruction franco-norvégienne.

Même son de cloche un an après de la part de l’UMP qui, faute de pouvoir s’attaquer sur l’action de Duflot, s’en prend à sa vie privée et aux propos de son compagnon. Certains diront que la ministre aurait du désavouer Xavier Cantat dans la mesure où à partir du moment que ce dernier est un personnage public et qu’en raison de la proximité évidente entre lui et la ministre, il aurait du s’en tenir à un devoir de réserve, à l’instar du fameux tweet de Valérie Trierweiler soutenant Olivier Falorni, lors du second tour de la présidentielle contre Ségolène Royal à La Rochelle en 2012 et qui avait provoqué une forte polémique.

Cécile Duflot, lors des questions aux gouvernement à l’Assemblée nationale

Mais l’UMP – et tout particulièrement Philippe Meunier – s’est servi de cet évènement pour s’engouffrer dans la brèche et attaquer Duflot en plein cœur. Pari visiblement réussi puisque la ministre n’a pu cacher son émotion mais qui n’en demeure pas moins minable de la part d’un député de droite qui se permet d’en rajouter une couche, toujours sur Twitter, fustigeant les « larmes de crocodile » de l’ancienne secrétaire générale d’Europe-Ecologie Les Verts. C’est également le signe inquiétant d’une droite républicaine, incapable de faire le moindre travail d’introspection et d’autocritique et tétanisée par le vrai-faux de son guide suprême (comprenez Sarkozy), en revient à faire des attaques par-dessous la ceinture, à défaut de s’en prendre à la politique du gouvernement et faire des contre-propositions comme le souligne si bien une journaliste du Monde, spécialiste de l’Assemblée nationale.

Comme je l’ai dit plus tôt, on peut ne pas être d’accord avec les propos de Xavier Cantat, d’autant plus qu’il convient de rappeler que les Français restent très attachés au défilé militaire du Quatorze Juillet. Mais la décence et la galanterie veut également que lorsqu’on n’est pas d’accord avec l’intéressé, on s’adresse directement à lui et non à ses proches ou à sa compagne. Philippe Meunier devrait s’en souvenir à l’avenir, d’autant plus qu’il savait ce qu’il faisait en s’en prenant aux proches de la ministre plutôt qu’à son programme et sa politique. Un sexisme qui ne dit pas son nom.

About gilles