Leur jour de gloire, notre jour de honte

Des manifestants se sont distingués ce lundi en sifflant le président de la République lors des commémorations du 95ème anniversaire de l’Armistice de 1918. En marge des célébrations marquant le souvenir de la Grande Guerre, soixante-dix personnes, issues du « Printemps français » (le mouvement qui lutte contre le mariage pour tous malgré son application au printemps dernier) et des « Bonnets rouges » (le mouvement breton qui lutte contre l’instauration de l’écotaxe dans la région) ont été interpellées, gâchant ce qu’il devait être un jour de recueillement et d’unité nationale.

Je ne peux que déplorer l’attitude de ces manifestants qui profitent de ce jour ô combien important pour la République pour se faire entendre au risque de tout mélanger. Ainsi, certains n’ont pas hésité à crier « dictature socialiste » ou bien encore de proférer des insultes à l’égard du président de la République pour exprimer leur mécontentement et leur colère par rapport à sa politique actuelle, utilisant les célébrations du 11 novembre sur les Champs Elysées comme une sorte de tribune médiatique avec l’espoir de marquer les esprits et de trouver des soutiens au sein de l’opinion publique.

Le président de la République discutant avec les Anciens combattants, lors de la célébration de l'Armistice de 1918

Le président de la République discutant avec les Anciens combattants, lors de la célébration de l’Armistice de 1918

Or, en prenant en otage l’armistice du 11 novembre, ces manifestants ont commis une faute majeure, se servir d’une fête nationale importante aux yeux des Français. En sifflant et insultant le président de la République, les « Bonnets rouges » et les membres du « Printemps français » se sont bien évidemment trompés de cible mais se sont formidablement tirés une balle dans le pied en s’attaquant à un élément de notre mémoire collective et nationale, surtout lorsque François Hollande a déposé une gerbe sur la tombe du soldat inconnu, précédant la minute de silence et durant la minute proprement dite. Alors que leur mouvement se prétend comme populaire et rassembleur, ces mécontents se sont finalement aliénés nombre de nos compatriotes qui n’ont visiblement pas appréciés qu’on vienne porter des revendications d’ordre politique d’autant plus que le jour et le contexte n’y prêtaient pas.

Il est légitime de s’en prendre au président de la République surtout dans un régime démocratique, du moins verbalement. Comme le souligne si bien ma camarade bloggeuse Elooooody, que certains de nos compatriotes vomissent François Hollande comme certains d’entre nous ont été écoeurés par l’ex-agité de l’Elysée, c’est leur droit le plus démocratique et même républicain. Néanmoins, il existe des moments et des rites sacrés qu’il ne convient pas de toucher et le 11 novembre et ses célébrations font partie de ces rites républicains qu’il est interdit de salir, de souiller sous peine d’être rapidement montré du doigt et condamné, comme le montre les déclarations de certains responsables politiques mais également de simples badauds qui n’ont pas compris l’attitude des « Bonnets rouges » et du « Printemps français » et considérant qu’ils souillaient la mémoire de celles et ceux qui se sont battus pour sauvegarder notre liberté (mais aussi la leur !) au prix de leur vie.

Toujours est-il que cet incident va laisser des traces, moins pour le président de la République qui a eu une attitude digne et flegme durant les incidents mais plus pour le « Printemps français » et surtout les « Bonnets rouges » en raison de leur comportement violent. D’ailleurs, l’un des porte-paroles du mouvement, Christian Troadec, ne s’y est pas trompé en condamnant explicitement l’action de ceux qu’il convient de considérer comme l’aile la plus dure (et sans doute la plus politisée) du mouvement. Probablement leur jour de gloire mais pas sur qu’ils aient rendu service à leur mouvement, in fine !

Et durant ce temps-là, le Perfide Albion rendait hommage, dans le calme et la dignité la plus remarquable, à ses morts. Le constat est saisissant (et surtout affligeant) !

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