Les bien-pensants ne sont pas forcément ceux auxquels l’on pense !

Je pensais vous livrer un billet sur les rumeurs de plus en plus persistantes de remaniement, surtout depuis que Titine (aka Martine Aubry) a déjeuné avec le président de la République. Mais cela sera pour plus tard.

Ce matin, un ami bloggeur m’a envoyé la « Une » de « Valeurs actuelles » que voici.

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Une « une » explicite, clamant que la France n’est pas raciste et que ceux qui osent le penser sans des bien-pensants, ces père et mère la morale et autres droit-de-lhommistes qui considèrent que notre pays file un mauvais coton en condamnant celles et ceux qui osent dire qu’il y a trop de noirs par ci, trop d’arabes par là ou bien encore un racisme anti-blanc (là pour le coup, ce racisme-là existe !) insupportable. Pour « Valeurs actuelles », il s’agit de dénoncer un politiquement correct et une sorte de masturbation intellectuelle qui prend en otage tous celles et ceux qui pensent différemment.

Créé en 1966, « Valeurs actuelles » se veut un journal ouvertement de droite, et conservateur, véritable relais d’opinion de notre société. Depuis le passage à nouvelle ligne éditoriale, au courant de 2012, l’hebdomadaire rivalise de sujets et surtout de formules chocs, notamment face à la concurrence du Point et du Figaro qui, pour le coup, passeraient même pour des journaux progressistes. Titre racoleur, articles résolument anti-Hollande, critiques tous azimuts et sans retenue de la politique gouvernementale et de la gauche, accusée de brader le pays… tout est bon pour attirer le lecteur de droite qui a besoin de se sentir réconforté face à une pensée unique fantasmée.

La stratégie de « Valeurs actuelles » a le mérite d’être claire, d’autant plus qu’elle est assumée par la direction. Toutefois, en affirmant que la France n’est pas raciste, l’hebdomadaire se trompe non seulement d’analyse mais met en avant une opinion dangereuse qu’un torchon comme Minute, le journal d’extrême droite ne renierait absolument pas. En effet, en parlant de bien-pensants, le journal cherche à opposer celles et ceux qui dénoncent le racisme et ceux qui cherchent à remettre en cause (pour parler franchement), certains groupes ethniques tout en se défendant de quelconque racisme.

La "Une" de "Minute"; journal d'extrême droite

La « Une » de « Minute »; journal d’extrême droite

Or, depuis plusieurs mois, une parole que l’on croyait révolue, s’est dangereusement libérée et, à titre d’exemple, les insultes d’une petite fille proférée à l’égard d’une ministre de la République sont le signe que décidément quelque chose ne va absolument pas et qu’on en arrive à un comportement semblable à celui des années 1930. A ce propos, la presse en est lourdement responsable et notamment celle de droite qui après avoir initié le Hollande-Bashing, légitime des comportements et des propos racistes, ce qu’Harry Roselmack a si justement pointé, dans une tribune récente pour le Huffington Post.

Et cela fait résolument désordre dans notre belle patrie des Droits de l’Homme qui n’a que Droits de l’Homme que le nom dans la mesure où des titres comme « Valeurs actuelles » adoptent une attitude de plus en plus populiste, voire antirépublicaine, tout en faisant le tour de force de paraitre comme un hebdomadaire représentant cette droite décomplexée. En titrant une telle Une, « Valeurs actuelles » est soit dans le déni le plus total ou bien pire, dans une stratégie qui consiste à faire dans le sensationnel et donc à vendre, tout en faisant dans le politiquement incorrect, histoire de faire naître un débat qui ne risque pas d’éclore, vu la qualité de celui-ci !

De fait, en agissant de la sorte, « Valeurs actuelles » risque bien de se rapprocher de « Minute » et ses unes tout aussi abjectes au risque de ne plus être compris par son lectorat qui ne se reconnaîtrait plus forcément dans ce qu’il convient de considérer une dérive populiste. Car finalement, la question n’est pas de savoir si la France est raciste ou non mais la façon graveleuse et populiste dont « Valeurs actuelles » pose le débat, une formidable et stupide de mettre de l’huile sur le feu et d’attiser les rancoeurs et les haines.

Alors au prix de l’article, je préfère utiliser mes 3 euros 90 pour acheter un genre de papier, plus économique et surtout plus utile !

2 thoughts on “Les bien-pensants ne sont pas forcément ceux auxquels l’on pense !

  1. 13 novembre 2013 at 1:58

    Ce qu’il y a de rigolo, c’est qu’ils vont se faire de plus en plus concurrence jusqu’à dépasser le stade du torchon!

    1. gilles
      13 novembre 2013 at 2:01

      Et c’est bien triste ! J’ai l’impression qu’ils jouent à : c’est qui qui a la plus grosse ?