Quand Nathalie prend le métro, ce « lieu de charme »

Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre, candidate UMP à la Mairie de Paris

Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre, candidate UMP à la Mairie de Paris

Ah la ligne 13 ! Cette ligne qui parcourt Asnières/Saint-Denis à Châtillon-Montrouge via St Lazare, les Champs Elysées et Montparnasse est l’une des lignes (sinon la ligne), la plus chargée du métro parisien. Une ligne que j’ai la « chance » de ne pas emprunter le matin pour aller au travail, même si la ligne 12 (Aubervilliers – Issy) n’est pas triste non plus !

Il se trouve que la ligne 13 est la ligne préférée de Nathalie Kosciusko-Morizet selon l’interview qu’elle a donné au magazine « Elle », mardi dernier. Pour la candidate UMP à la mairie de Paris, on y fait des rencontres géniales, mieux c’est un lieu de charme que tout Parisien qui se respecte doit emprunter et connaitre afin de trouver un peu de bonheur dans son existence déjà bien compliquée.

Outre l’envolée lyrique pour le moins risible de Nathalie Kosciusko-Morizet, l’attrait soudain de cette dernière pour le métro n’est pas dénué d’arrière-pensées mais surtout de mauvaise foi. En effet, celle qui pensait qu’un ticket de métro coutait 4 euros lors de la campagne présidentielle de 2014 semble découvrir un moyen de transport que visiblement, elle ne prend que très rarement à l’instar d’Edouard Balladur qui lors de la campagne présidentielle de 1995 avait pris le métro pour la première fois et nous avait même fait l’honneur de nous livrer ses impressions en déclarant qu’il y faisait chaud, vidéo à l’appui.

De fait, les responsables politiques ont compris tout l’intérêt de mettre en avant le métro, le moyen de transport par excellence des gens ordinaires, celui de la France qui se lève (très) tôt et qui se trouve cantonnée dans des rames ou des wagons à l’instar des bovins qu’on emmène à l’abattoir, c’est du moins ce que je ressens quand j’ai le malheur d’emprunter un RER bondé pour me rendre au travail. Pour faire plus proche des Français qui trépignent d’impatience (ou plutôt d’agacement) à l’attente de leur train, certains de nos élus veulent rappeler à qui veut l’entendre qu’ils sont des Français comme les autres, connaissant les soucis du quotidien mais également leurs joies. Prendre le métro en fait partie pour NKM et c’est cela qu’elle a sans doute voulu mettre en avant tout en cassant son image de bourgeoise, quitte à faire preuve d’une démagogie certaine.

Car nombreux sont celles et ceux qui n’ont pas été dupes dans la soudaine déclaration d’amour de Nathalie Kosciusko-Morizet dans le métro sans compter que finalement ce n’est pas tant le fait qu’elle aime le lieu de charme mais tout simplement qu’elle en fait un peu trop, ruinant ainsi toute crédibilité. Par lieu de charme, elle entend sans doute les gens qui font la gueule, vous insultent pour un rien ou bien collent et vous plaquent contre la fenêtre sans oublier les « frotteurs », cette expression qui désignent ces hommes qui, profitant de la cohue, se montrent très entreprenants avec les femmes, tel un chien en chaleur qui s’excite contre une barre de fer ! Ajoutez à cela, la propreté très relative du métro parisien et effectivement ce lieu est d’un charme fou !

Dès lors, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est une fois encore distinguée en livrant sa vision idéale de Paris et des Parisiens, une ville dans laquelle les gens sont contents d’aller travailler et qui ne râlent absolument pas lorsqu’ils prennent le métro, signe d’un manque de vue non seulement évident mais surtout affligeant surtout quand on sait que les transports sont un enjeu majeur pour les Parisiens (et par extension les Franciliens) à chaque élection locale. Plutôt que de donner sa vision fantasmée du métro, l’ancienne ministre de l’Ecologie aurait été bien plus utile aux Parisiens en leur faisant des propositions utiles et surtout crédibles en matière de transports urbains, histoire de montrer qu’elle a au moins bossé ses sujets.

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D’ici là, elle pourra toujours se rattraper et se familiariser avec le métro parisien surtout au moment d’une heure de pointe ou d’un jour de grève. Mais qu’on se rassure tous nos responsables politiques n’en font pas des tonnes pour dire qu’ils prennent le métro, certains utilisent même les transports en toute discrétion, et sans far (comprenez sans les caméras). C’est ainsi, par exemple, qu’en rentrant d’une conférence, il y a un an et demi, je suis tombé sur Pervenche Bérès qui se rendait à Roissy et qui attendait son RER à Châtelet Les Halles. J’ai même eu l’occasion de discuter avec elle sur le quai et de me prendre en photo ! Chiche que NKM peut faire cela, elle qui a tenté en vain et très maladroitement de casser son image de bourgeoise style Marie-Antoinette ?