Le (beau) week-end de NKM

Charles Beigbeder, vice-président du MEDEF, tête de liste UMP dissidente aux municipales à Paris

Charles Beigbeder, vice-président du MEDEF, tête de liste UMP dissidente aux municipales à Paris

Ce fut la grande annonce politique du week-end. Charles Beigbeder (le frère de vous-savez-qui) a annoncé la constitution d’une liste dissidente face à Nathalie Kosciusko-Morizet dans le cadre des municipales de mars prochain à Paris.

Ce n’est pas la première fois que la tête de liste et candidate UMP à la succession de Bertrand Delanoe doit faire face à ce genre de situation dans la mesure d’autres listes dissidentes se sont montés dans plusieurs arrondissements de la capitale. Toutefois, l’annonce de cette nouvelle liste sonne comme un nouveau coup dur pour l’ancienne ministre de l’environnement de Nicolas Sarkozy.

En effet, Charles Beigbeder n’est pas n’importe quel dissident UMP dans le sens où il fut candidat UMP lors des dernières législatives mais également et surtout vice-président du Mouvement des entreprises de France (plus connu sous le nom de MEDEF). Autant dire un homme influent qui risque de faire un tort supplémentaire à une candidate officielle déjà à la peine dans les sondages face à Anne Hidalgo, l’actuelle première adjointe au maire de Paris et plus que jamais favorite, signe également du manque de légitimité et surtout d’autorité de l’actuelle députée de l’Essonne.

Car il convient de rappeler qu’outre ses multiples bourdes (la dernière en date sur le métro parisien, ce formidable lieu de charme), la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet manque d’un dynamisme certain, moins en raison de son programme pour Paris mais plus en raison du manque de cohésion de son propre camp comme le rappellent les propos de Rachida Dati qui, le 19 décembre dernier, lui avait suggéré de voir plus d’élus et de militants. De son côté, NKM a sèchement répondu à l’actuelle députée européenne et maire du 7ème arrondissement en lui conseillant de « se consacrer à son arrondissement », une façon polie mais explicite de lui dire de se mêler de ses affaires !

Rachida Dati et Nathalie Kosciusko-Morizet, (alors ministres) lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale

Rachida Dati et Nathalie Kosciusko-Morizet, (alors ministres) lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale

Toujours est-il que cette (nouvelle) prise de bec est symptomatique du climat actuel au sein de l’UMP parisienne qui en dépit de primaires remportées haut la main par Nathalie Kosciusko-Morizet n’a toujours pas réussi à (re)faire son unité, ne serait-ce que de façade, les rancoeurs de certains étant décidément très tenaces. Alors que l’ancienne ministre aurait pu être un élément rassembleur, un faire-valoir attirant aussi bien l’électorat naturel de l’UMP qu’un électorat plutôt bobo et branché, NKM semble faire l’unanimité contre elle au sein même de son propre camp, pariant finalement sur la défaite plutôt que sur une victoire ne serait-ce que sur le fil de leur championne, notamment face à une Anne Hidalgo qui, semble-t-il, a réussi le tour de force de s’imposer comme la candidate légitime et naturelle du Parti socialiste, créant ainsi un effet d’entrainement autour de sa campagne.

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Néanmoins, il est encore trop tôt pour se faire une idée arrêtée du scrutin parisien et surtout d’en pronostiquer le résultat dans la mesure où bien qu’Anne Hidalgo semble bien partie pour succéder à Bertrand Delanoe à l’Hôtel de Ville, les espoirs restent encore permis pour Nathalie Kosciusko-Morizet qui, après tout, a tout même réussi à passer un accord avec l’UDI et le Modem. L’ancienne ministre sait que cela ne suffira pas cependant pour conquérir la capitale et elle devra revoir son image et surtout proposer un programme clair, répondant aux aspirations des Parisiens. Toujours est-il que, quelque soit l’issu du scrutin en mars, Nathalie Kosciusko-Morizet a sans doute une chance historique de remettre la droite parisienne en ordre, ce qui suppose qu’elle s’impose en tant que leader, ce qui suppose aussi qu’elle fasse le ménage en se débarrassant des derniers vestiges du chiraquisme, du tibérisme et du… sarkozysme.