La revanche de Ségolène Royal

Ségolène Royal, nouvelle ministre de l'Ecologie et du développement durable

Ségolène Royal, nouvelle ministre de l’Ecologie et du développement durable

En politique, on ne meurt finalement jamais, Ségolène Royal vient d’en faire la preuve une nouvelle fois.

L’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes est officiellement entré au gouvernement en remplaçant Philippe Martin à la tête du ministère de l’Ecologie et du développement durable, devenant la numéro trois du gouvernement Valls. Un poste hautement stratégique qui consacre le retour en grande pompe (pour ne pas dire triomphal) de Ségolène Royal.

En effet, celle qui se préparait à succéder à Bernard Accoyer au perchoir de l’Assemblée nationale, a vu son projet avorté par un simple tweet, celui de sa rivale Valérie Trierweiler. Celle qui était à l’époque la compagne du président de la République n’avait pas hésité à soutenir le candidat socialiste dissident Olivier Falorni, plongeant François Hollande et le PS dans l’embarras mais précipitant Ségolène Royal dans une lourde défaite. Une défaite qui l’avait placée hors-jeu et dont nombre de ses adversaires espérait qu’elle signait la fin de sa carrière politique sur le plan national.

Mais c’était sans compter sur la détermination et le flair politique de l’ancienne candidate à la présidentielle. Absente du gouvernement Ayrault et s’appuyant sur la région Poitou-Charentes, elle a profité d’une certaine liberté de ton et d’action dont elle ne s’est pas gênée pour l’utiliser parfois à l’encontre même du Premier ministre et du président de la République. Une attitude qui, visiblement, a plu à l’électorat de gauche qui conserve encore une bonne image d’elle, ne s’offusquant pas au passage des liens intimes qui ont prévalu entre l’ex-députée des Deux-Sèvres et l’actuel chef de l’Etat.

Qui plus est, son retour a été facilité par deux éléments déterminants : tout d’abord le contexte politique actuel où face à un exécutif qui peine à avoir des résultats tangibles, elle apparaît comme une carte joker, en raison de sa proximité avec les gens. Ségolène Royal a une intuition politique et c’est un atout dont François Hollande pourrait s’appuyer dans le cadre de sa stratégie.

Ségolène Royal et Valérie Trierweiler lors du meeting de François Hollande à Rennes en avril 2012

Ségolène Royal et Valérie Trierweiler lors du meeting de François Hollande à Rennes en avril 2012

Mais la rupture de François Hollande avec Valérie Trierweiler a été l’élément le plus décisif dans ce retour gagnant, une rupture arrivant au bout du compte à point nommé. Jusqu’en janvier 2013, l’ancienne candidate à la présidentielle était tout simplement persona non grata à l’Elysée, l’ex-compagne du président ne pouvant supporter que sa rivale joue quelconque rôle politique auprès de lui. Mais face au côté excessif de Treilweiler, Ségolène Royal a su mettre en avant l’image d’une femme digne et loyale envers le chef de l’Etat, laissant de côté quelque rancune et/ou aigreur personnel au service d’un seul objectif, la réussite du quinquennat. Face à une première dame vue comme castratrice, Royal est parue comme quelqu’un de pondérée et de modérée, préservant ainsi sa popularité mais également toutes ses chances d’intégrer le gouvernement.

Ségolène Royal en compagnie de Philippe Martin lors de la passation de pouvoir au ministère de l'Ecologie, le 3 avril dernier

Ségolène Royal en compagnie de Philippe Martin lors de la passation de pouvoir au ministère de l’Ecologie, le 3 avril dernier

Dès lors, on peut clairement parler de revanche pour l’actuelle présidente régionale dans la mesure où le président de la République fait clairement appel à elle pour œuvrer à la seconde phase de son quinquennat. Elle sait qu’elle est de retour dans le jeu politique et nul doute qu’elle savoure tranquillement ce retour en grâce.

Décidément, on ne meurt jamais en politique !

6 thoughts on “La revanche de Ségolène Royal

  1. 4 avril 2014 at 7:29

    « ne s’offusquant pas au passage des liens intimes qui ont prévalu entre l’ex-députée des Deux-Sèvres et l’actuel chef de l’Etat. »

    « Ségolène Royal a su mettre en avant l’image d’une femme digne et loyale envers le chef de l’Etat, laissant de côté quelque rancune et/ou aigreur personnel »

    « Face à une première dame vue comme castratrice, Royal est parue comme quelqu’un de pondérée et de modérée »

    « nul doute qu’elle savoure tranquillement ce retour en grâce »

    J’ai 2 questions et je ne t’embête plus:

    1) Te serais-tu exprimé de la même manière (choix des mots, des adjectifs…etc) si le Président avait été une Présidente et si Ségo avait été François?

    2) As-tu des indics chez Closer?

    Pondérée, modérée, aigreur, rancune, intime, digne, loyale, castratrice…

    Au secours Gilles!

    1. gilles
      4 avril 2014 at 9:17

      Ah non, Elodie ! Tu vas pas me faire un procès en misogynie quand même !

      Je n’en sais rien si je me serais exprimé de la même façon sur Ségo avait été François, je ne peux pas le savoir à moins de vivre dans un monde parallèle

      Et pas besoin d’avoir des indics chez Closer pour voir que Valérie Trierweiler avait une mauvaise image. Et oui, elle était castratrice je trouve !

      Et effectivement, c’est une revanche pour Ségolène Royal car elle a été très stratégique durant la période où elle a été hors-jeu.

      Alors s’il te plait, pas de procès en misogynie, car mes propos sont tous sauf misogynes ! 😉

      1. 4 avril 2014 at 9:37

        Non mais attends! Je ne t’ai pas traité de misogyne enfin!
        Ce n’est pas parce que je trouve que certains de tes propos sont maladroits que ça fait de toi un misogyne Gilles! Relax!
        Je trouve juste que tu emploies un vocabulaire tendancieux, je n’ai jamais dit que tu étais misogyne.

        1. gilles
          4 avril 2014 at 9:39

          On est d’accord !

          Mais après, je vois pas quel autre vocabulaire j’aurais pu utiliser ! T’as une idée toi ? :p

          Sinon sympa ton billet sur Ségo

          1. 4 avril 2014 at 9:44

            Franchement? Castratrice Valérie Trierweiller?
            Qu’elle ait eu une très mauvaise image, mauvaise presse, que les Guignols en aient fait une femme autoritaire, c’est une chose.
            Mais à moins de vivre avec elle ou de coucher, ni toi ni moi ne pouvons affirmer qu’elle est castratrice.
            Une image « digne » pour Ségolène? Qu’est-ce que ça veut dire « digne »?
            Parce qu’elle ne s’est pas répandue en plaintes et sanglots, parce qu’elle n’a jamais craché sur VT, ça en fait une femme digne?
            Non. Ça en fait juste une femme qui garde pour elle des sentiments personnels qui ne nous regardent pas.
            « Laissant de côté rancune ou aigreur », encore heureux!

            Sinon, merci pour mon billet sur Ségo;-)

            Et sans rancune! C’est le cas de le dire!

          2. gilles
            4 avril 2014 at 9:54

            C’est l’image qu’elle m’a laissé mais si bien évidemment, je n’étais pas dans l’intimité du couple, il va de soi !

            Oui, Ségolène a été digne et c’est un terme que j’aurais pu utiliser aisément si c’était un homme !

            Oui sans rancune ! On a d’autres chats à fouetter !