Pourquoi je regarderai quand même la Coupe du monde

calendrier-fifa-world-cup-bresilParlons foot sur ce blog (en lien avec la politique comme toujours) !

Hier soir a eu lieu le match d’ouverture de la Coupe du monde qui se déroule cette année, au Brésil. A Sao Paulo, le Brésil a reçu la Croatie pour un match non seulement décevant mais surtout peu convaincant malgré la victoire de la Seleçao, trois buts à un.

Une victoire qui devrait calmer les ardeurs de nombre de Brésiliens, du moins c’est ce qu’on espère au sein de la FIFA (Fédération internationale de Football association) et du gouvernement de Dilma Roussef. Pour rappel, le pays connaît une vague de contestation sans précédent, nombre de Brésiliens s’interrogeant sur le coût exorbitant de cette coupe du monde et surtout des retombées à venir.

A ce titre, nombre de personnes dans mon entourage se sont émus de la situation sociale au Brésil, considérant qu’il est indécent d’organiser une compétition dans le pays du football par excellence alors que dans le même temps des groupes entiers ne profitent pas ou très peu de ce mondial, économiquement parlant. En ces temps de crise économique, bâtir des stades certes magnifiques et investir autant dans une compétition pour promouvoir l’image du Brésil alors qu’il suffit de se promener dans les favelas de Rio ou de Sao Paulo pour voir la réalité sociale du pays, c’est quelque peu problématique surtout lorsqu’on n’hésite plus à manifester en masse ou bien encore se mettre en grève pour se faire entendre.

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Certains n’ont pas hésité à boycotter cette Coupe en signe de protestation comme en témoigne certains statuts de mes amis sur Facebook mais également des « events » qui se sont créés ci et là sur ce même réseau social. Une manière de dénoncer également le cynisme de la FIFA et de certains responsables politiques qui bénissent cette compétition tous les quatre ans dans la mesure où c’est l’occasion rêvée d’offrir des pains et des jeux tout en passant des mesures plus ou moins impopulaires, pour ne pas dire imbuvables. L’occasion également de surfer sur les bonnes performances de l’équipe nationale, histoire d’appuyer sa popularité ou de se refaire une santé politique, ce qui au passage pourrait fortement s’inspirer notre cher président de la République.

Je ne vais pas vous mentir, je suis un grand fan de foot et j’ai attendu avec impatience cette Coupe du monde qui, qu’on le veuille ou non, est très importante pour le Brésil qui cherche véritablement à jouer dans la cour des grands. En effet, l’organisation d’un tel événement marque une énorme opportunité en matière d’image mais également en terme de soft power. En étant le temple du football durant un mois, le Brésil sait qu’il n’aura pas le droit à l’erreur aussi bien footballistiquement qu’économiquement. Aujourd’hui, ce pays s’impose lentement mais surement comme une puissance économique de premier plan et ambitionne également sa volonté de devenir une puissance politique. La Coupe du monde marque donc un moment important pour un Brésil qui se veut conquérant et dynamique, comme il en sera de même en 2016, lors des Jeux olympiques de Rio.

Dilma Roussef, présidente de la République fédérative du Brésil en compagnie de Sepp Blatter, le président de la FIFA

Dilma Roussef, présidente de la République fédérative du Brésil en compagnie de Sepp Blatter, le président de la FIFA

Alors oui, je vais quand même regarder cette Coupe du monde tout en restant conscient que rien n’est optimal au Brésil et que le gouvernement de Dilma Roussef, de par sa politique aussi efficace soit elle, semble tourner le dos aux milieux défavorisés préférant investir à tout va dans la démesure et le chic plutôt que de mener une politique sociale forte et ambitieuse à l’instar de son prédécesseur. Mais c’est sans doute le prix à payer pour que ce nouvel Etat puisse se hisser dans le top 20 des puissances mondiales, à l’instar de l’Afrique du Sud, il y a quatre ans pour la précédente édition de la Coupe du monde.