Quand la droite fantasme (un peu trop)

Hollande-Demission-logo-300x300La droite y croit, dur comme fer. Pour elle, ce n’est plus qu’une question de mois, voire de semaines. C’est sur, il va s’en aller. Il ? Le président de la République.

Celui-ci, miné par les sondages en berne, une politique économique qui ne donne aucun résultat, un chômage endémique et des élections partielles catastrophiques, envisagerait tout simplement de jeter l’éponge et de passer la main. C’est du moins que ce prétend Le Figaro qui, dans son roman-fiction de l’été, imagine le démission de François Hollande, un best-seller en somme !

On pourrait presque en rire si ce véritable fantasme n’était pas devenu le leitmotiv d’une droite et d’un centre-droit qui n’a toujours pas digéré sa mise à l’écart du pouvoir il y a bientôt deux ans et demi. En effet, depuis mai 2012, nombreux sont ceux qui prophétisent un départ du président de la République considérant qu’il doit tirer les leçons de sa politique au nom de la France. D’Hervé Morin à Nadine Morano, de l’UDI à l’UMP en passant par le Mouvement démocrate, tous en appellent au courage politique du chef de l’Etat afin qu’il en tire les conclusions et provoquent des élections anticipées. Même le Front national de Marine Le Pen appelle de ses vœux des législatives anticipées afin de prendre en compte la volonté du peuple français.

L’opposition, en cet été qui se poursuit, est en plein fantasme ou plutôt en plein délire, à défaut de travailler sérieusement à un projet alternatif pour notre pays. Et quand elle ne fantasme pas sur un départ de François Hollande, elle s’interroge sur le retour d’un Nicolas Sarkozy plus animé d’un indécrottable esprit de revanche que par le devoir envers les Français que nous sommes. On pourrait s’en amuser si la droite républicaine incarnait véritablement une opposition crédible et solide ayant à sa tête un leader capable de contester véritablement la présidence de François Hollande à la tête de l’Etat.

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Or, il n’en est rien et le côté fantasmagorique de la droite et sa presse montre le signe très inquiétant d’une opposition qui est incapable de se mettre au travail, versant encore un peu plus dans le « Hollande bashing ». Une droite qui ne regarde que son nombril et qui tape encore et toujours sur le président de la République, à défaut de s’adresser aux Français. On pourrait en rigoler si la situation que la plupart de nos compatriotes n’était pas difficile pour ne pas dire dramatique dans certains cas.

En tapant sur le président de la République et en espérant sa démission, la droite républicaine démontre toute son incapacité à reconquérir le pouvoir, misant au final, sur une victoire par défaut en 2017. Ce fut exactement ce genre de comportement et de stratégie qui a sanctionné la gauche entre 2002 et 2007, elle qui pensait qu’une victoire par défaut suffirait pour empêcher Nicolas Sarkozy de devenir président de la République, faisant l’économie de proposer un projet au moment même où le président de l’UMP en avait un, aussi néfaste soit-il. En adoptant une attitude similaire, l’UMP ainsi que le reste de l’opposition montrent des signes très inquiétants de formations en manque d’idées et qui pensent qu’un rejet de la politique de François Hollande suffira pour remporter la mise. C’est surtout le signe d’une opposition incapable de respecter les principes essentiels de notre République, à savoir, le respect de la démocratie et celui qui veut que notre président, car légitimement élu, poursuive son quinquennat jusqu’au bout et non soit contraint de partir, surtout des questions de convenances !

J.M.-Ayrault

Une logique complètement stupide dans la mesure où elle jouera des tours à la droite républicaine le moment venu et qu’elle montre aux Français son incapacité à se mettre en question. Plutôt que de fantasmer sur une quelconque issue réactionnaire (un « Grand soir » de droite, si on veut), l’UMP devrait plutôt s’atteler à préparer l’alternance en proposant un projet digne de ce nom, que les Français jugeront le moment venu. En attendant, le président de la République peut tranquillement fêter ses soixante ans en compagnie de ses proches et poursuivre sa politique et sa stratégie pour notre pays.