Au moins, les choses sont (enfin) claires !

les-ministres-et-secretaires-d-etat-du-gouvernement-valls-ii_1719815On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment, dit-on. Toujours est-il qu’on attendait une clarification de la part du président de la République et du Premier ministre, elle est arrivée, au-delà de toutes les espérances.

Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Elysée, a en effet présenté la composition du nouveau gouvernement Valls, hier soir, aux alentours de 18 heures. Un gouvernement toujours paritaire, toujours resserré et qui fait la part belle aux hollandistes de la première heure et autres fidèles du chef de l’Etat. Ainsi, Ségolène Royal, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian et Stéphane Le Foll restent au gouvernement et forment le cœur même du nouveau dispositif gouvernemental. Un dispositif dans lequel Christiane Taubira a été confirmée, malgré sa gestion de la réforme pénale. L’actuelle Garde des Sceaux reste un symbole fort qui demeure utile à l’exécutif, notamment auprès d’un électorat de gauche qui apprécie la personnalité de l’ancienne députée de Guyane.

Mais ce qui constitue probablement la plus grande surprise de ce nouveau gouvernement, c’est l’arrivée d’Emmanuel Macron à Bercy. 36 ans, énarque, ancien banquier de Rothschild… l’ancien conseiller économique de François Hollande a la confiance des milieux d’affaires, ce qui n’est pas le cas de l’aile gauche du Parti socialiste qui crie à la provocation, sans compter les procès d’intention faits à son égard, en raison de son profil assez éloigné des standards de la gauche classique.

Emmanuel Macron, nouveau ministre de l'Economie et de l'Industrie

Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’Economie et de l’Industrie

Le nouveau gouvernement de Manuel Valls a un mérite : celui de clarifier une bonne fois pour toutes l’orientation économique et politique choisie par le président de la République et le Premier ministre. Certains parleront de social-démocratie, voire même de social-libéralisme, moi je préfère parler de social-réalisme. Face à l’urgence et à l’impétueuse nécessité de mener les réformes dont le pays a tant besoin, l’heure n’est plus de savoir s’il faut mettre le cursus à gauche toute mais bel et bien de répondre à l’urgence sociale en apportant des résultats concrets notamment en matière de lutte contre le chômage.

Ce qui suppose, en premier lieu, un discours clair et surtout identifiable. Dès lors, exit l’aile gauche du Parti socialiste qui, malgré ses bien-fondés, avait tendance à pilonner l’action du gouvernement et donc rendre illisible sa stratégie. De l’autre côté, le choix désormais assumé et même revendiqué par le Président de la République et le Premier ministre est risqué dans la mesure où leur majorité ne tient qu’à un fil et qu’il n’est pas certain que la gauche de la gauche (c’est à dire les écologistes et le Front de gauche) ainsi que l’aile gauche du PS se calment, bien au contraire !

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Cela dépendra en réalité de l’attitude de chacun mais également des résultats économiques et sociaux obtenus par l’exécutif. Il va sans dire que si le gouvernement obtient une baisse du chômage et mène des réformes profondes et courageuses, les frondeurs et autres trublions de l’aile gauche du PS mettront un peu d’eau dans leur vin. Toutefois, face à la situation, il est également probable que cette même aile gauche veuille jouer la carte de l’apaisement, car il n’est dans l’intérêt de personne de déstabiliser le nouveau gouvernement, ni même de le défier. Le clash serait alors inévitable et avec lui, l’arrivée de nouvelles élections qui signifieraient tout bonnement une débâcle pour la majorité.

En assumant une ligne social-réaliste, le président de la République et le Premier ministre tentent de relancer le quinquennat et le remettre sur de bons rails. La tâche n’est pas aisée aussi tout dépendra de l’attitude de chacun. 2017, c’est à la fois loin et proche !