La vengeance (aveugle) d’une blonde

Valérie Trierweiler

Valérie Trierweiler

On dit souvent que la vengeance est un plat qui se mange froid. Le souci, c’est que ce plat peut être indigeste.

Valérie Trierweiler, l’ex-première Dame de France, vient de sortir un livre (« Merci pour ce moment ») où elle revient sur ses neuf ans de vie commune avec François Hollande. Un livre au vitriol dans lequel, elle se paie clairement son ancien compagnon, au point d’égratigner l’homme politique et la fonction présidentielle qu’il est censé incarner. On y apprend notamment que le président de la République est un homme qui, selon l’auteure, n’a finalement peu de considération pour les plus pauvres (qu’il appelle les « sans-dents ») mais également pour celle qui fut sa compagne durant presque une décennie.

La classe politique, dans son ensemble, s’est montrée très mesurée dans les commentaires à apporter au brûlot de Trierweiler, rappelant qu’en ces temps difficiles, un tel déballage n’est vraiment pas nécessaire, sans compter qu’il s’agit des propos d’une femme bafouée qui cherche à prendre sa revanche sur un homme qui l’a trahie. En clair, le parfait règlement de comptes post-séparation dans lequel, personne n’aurait vraiment intérêt à mettre de l’huile sur le feu.

Valérie Trierweiler, qui aspirait pourtant à la tranquillité et la discrétion après sa rupture avec le président de la République, a donc profité de ces mois de silence pour écrire un livre à charge contre son ancien compagnon mais également l’ensemble de la classe politique (de gauche) qu’elle semble mépriser, si on se réfère aux passages consacrés à Aquilino Morelle, Manuel Valls ou bien encore Ségolène Royal. L’effet est immédiat, l’ancienne Première Dame se veut une femme blessée, qui écrit ce livre comme pour faire une thérapie, pour dire sa vérité et pour mieux assouvir sa vengeance.

French President Hollande talks with his companion Trierweiler as security officers stand guard upon their arrival at Haneda airport in Tokyo

Car en l’écrivant, Valérie Trierweiler savait qu’elle mettrait immanquablement le président de la République dans l’embarras, déjà bien empêtré dans la conduite des affaires du pays. L’objectif de la journaliste est simple : salir l’image du président de la République en insistant sur la femme trahie, histoire de susciter de la compassion, voire de la sympathie des Français, ce qui suppose d’écorner, de déconstruire l’image que François Hollande a auprès de nos compatriotes.

Or, c’est oublier que l’ancienne Première Dame avait déjà mauvaise presse aux yeux de l’opinion publique, pas seulement qu’elle était toujours perçue comme la maitresse du président mais en raison de son caractère froid et cassant. Valérie Trierweiler, à la différence de Cécilia Sarkozy ou même de Carla Bruni, avait un déficit important d’opinion en raison de son comportement et de son caractère instable, un caractère qui s’est révélé très handicapant pour le président de la République.

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Dès lors, il n’est pas sur que l’ancienne journaliste bénéficie d’un regain de compassion, voire de sympathie auprès des Français, pour la simple raison que sa réputation la précède tout simplement. Plutôt que de faire preuve de sérénité et de recul, Valérie Trierweiler aggrave un peu plus son image dans l’opinion en passant pour une femme aigrie et aveuglement revancharde, pour ne pas dire irresponsable. Une situation qui, in fine, profite assez bien, à sa meilleure rivale, Ségolène Royal, qui non seulement a pris de la hauteur face aux révélations du livre en question mais renforce également son image au sein de l’opinion qui la considère comme la seule femme légitime du président de la République.

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