Et si le « Yes » l’emportait ?

Alex Salmond, premier ministre de l'Ecosse et leader du parti nationaliste écossais (SNP)

Alex Salmond, premier ministre de l’Ecosse et leader du parti nationaliste écossais (SNP)

Alex Salmond peut sérieusement y croire et même gagner son pari.

Samedi, un sondage réalisé par l’institut YouGov plaçait pour la première fois, le « Oui » en tête. 51% des sondés se déclaraient favorables à l’indépendance de l’Ecosse contre 49% qui y étaient opposés. Un résultat qui a rapidement fait réagir le gouvernement britannique, qui doit présenter dans la journée un nouveau plan de dévolution à l’Ecosse dans lequel il est notamment le transfert de nouvelles compétences.

Ce sondage est à prendre avec prudence dans la mesure où l’écart entre le Oui et le Non est très faible et que les indécis restent importants en nombre. Toutefois, il souligne une tendance claire : le Oui à l’indépendance gagne non seulement du terrain mais détient désormais une dynamique qui a longuement bénéficié au camp du Non. Sans doute qu’Alex Salmond, le premier ministre écossais et leader du Scottish Independence Party, le parti nationaliste, a su se montrer convaincants et surtout mobiliser celles et ceux qui s’interrogeaient encore sur le bien-fondé d’une scission de l’Ecosse avec le reste de la Grande-Bretagne.

De son côté, le camp du non, après avoir largement mené la course en tête, connaît quelques tassements, au point qu’il semble contraint à redoubler d’efforts pour remobiliser et surtout convaincre celles et ceux qui pourraient être tentés par un départ de l’Ecosse. Comme je l’ai écrit plus tôt, le gouvernement de Londres va présenter un nouveau plan de dévolution tout en rappelant qu’une éventuelle scission d’Edimbourg ne serait pas sans conséquences, un point sur lequel a lourdement insisté George Osborne, le ministre britannique des finances.

"Better together", le collectif du "Non" à l'indépendance mené par Alistair Campbell

« Better together », le collectif du « Non » à l’indépendance mené par Alistair Darling (second à gauche)

Car en effet, une éventuelle scission de l’Ecosse ne serait pas sans conséquences pour la Grande-Bretagne et la province en question mais également pour l’Union européenne dans la mesure où le Royaume-Uni est un membre majeur et que la question nationaliste pourrait se retrouver relancée chez certains pays membres. Dès lors, tout le monde retient son souffle et attend avec prudence et attention, le verdict des Ecossais, le 18 septembre prochain.

De ce fait, les dix derniers jours seront sans doute les plus déterminants de la campagne car si d’un côté le « Oui » peut sérieusement croire en ses chances, de l’autre, le camp du non peut profiter des récents sondages pour relancer une dynamique et surtout remobiliser un électorat pensant, à tort, que la messe était dite. Qui plus est, de nombreuses interrogations demeurent quant à la viabilité d’une Écosse indépendante qui devra rebâtir une armée et surtout créer probablement une nouvelle monnaie, Londres ayant déjà prévenu qu’elle ne lui laisserait pas utiliser la Livre sterling. Autant d’interrogations qui pourraient faire pencher la balance, d’un côté comme de l’autre.

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Toujours est-il qu’il est probable qu’on assiste à une fédéralisation du Royaume-Uni, même en cas de victoire du Non, surtout en cas de victoire à l’arrachée, ce qui serait en soi une victoire pour les partisans du Oui.

2 thoughts on “Et si le « Yes » l’emportait ?

  1. 8 septembre 2014 at 12:46

    bof , on aurait un émirat écossais sur le sol européen

    (sans le gaz nat de la mer du Nord , la question de l’indépendance ne serait pas posée)
    même attitude que l’opposition Nord Sud en Italie , tout pour ma pomme et rien pour les autres

    1. gilles
      8 septembre 2014 at 12:49

      Pas faux, mais bon sachant que le pétrole est ressource qui n’est pas inépuisable, je me demande si les Ecossais ne vont pas y réfléchir à deux fois avant de se lancer ?