Que pouvons-nous espérer de la nouvelle Commission Juncker ?

Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne

Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne

Je n’ai pas tellement, jusqu’à présent, eu le temps de parler et d’exposer mon point de vue sur la nouvelle Commission Juncker à cause du boulot et, soyons honnêtes, du manque d’inspiration et la fatigue.

Mais en lisant les billets de certains journalistes-blogueurs tel Jean Quatremer, certains experts et analystes semblent en espérer un peu du nouveau Collège des Commissaires, officiellement en fonction depuis le 3 novembre.

En effet, la nouvelle Commission, dirigée par l’ancien Premier ministre luxembourgeois, semble être plus politique que la précédente. Prenant en considération la situation économique et politique de l’UE, le nouvel exécutif semble être conscient de la gravité du contexte et souhaite donner une nouvelle direction pour la construction européenne et les Européens. En juillet dernier, devant le Parlement européen, Jean-Claude Juncker n’avait pas hésité de parler de la « Commission de la dernière chance » dans la mesure où si l’Europe échoue à trouver des solutions concrètes et efficaces pour s’attaquer et combattre le chômage et la crise, les Européens tourneront définitivement le dos au projet européen, laissant les eurosceptiques et les europhobes prospérer davantage.

Je n’ai pas fait campagne pour Jean-Claude Juncker durant la campagne des Européennes, soutenant Martin Schulz, le candidat socialiste et président du Parlement européen. Cependant, et à partir au moment où le Parti populaire européen (PPE, droite européenne) avait remporté les élections et était le premier groupe politique dans l’hémicycle de Bruxelles/Strasbourg, l’ex-leader luxembourgeois avait toute la légitimité pour être le prochain président de la Commission. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont, au bout du compte, respecté l’esprit de l’élection, permettant à la Commission de récupérer une légitimité auprès des citoyens, même partielle.

Jean-Claude Juncker en compagnie de son prédécesseur José Manuel Barroso

Jean-Claude Juncker en compagnie de son prédécesseur José Manuel Barroso

Toutefois, la nouvelle Commission, si elle veut retrouver une totale légitimité, doit faire davantage et mieux de politique durant la nouvelle législature, ce qui suppose d’assumer un clair leadership et une claire direction. Durant ces dix dernières années, José Manuel Barroso a agi comme une sorte de « chairman », de secrétaire général au service du Conseil européen plutôt de sa propre administration. Cette stratégie a été très fâcheuse pour la construction européenne et l’Union dans la mesure où l’Europe a manqué d’ambitions, dépourvue de tout projet fédérateur.

C’est pourquoi, certaines personnes en espèrent quand même un peu de Jean-Claude Juncker et de son nouveau Collège, après dix ans d’une Commission Barroso insipide et transparente. Pour être honnête, je ne sais pas si l’ex-Premier ministre luxembourgeois réussira à mener des projets et des réformes innovantes d’autant plus que tout dépend du Conseil européen et de la volonté des leaders nationaux à faire plus ou mieux d’intégration ou pas. Malgré tout, la Commission a une chance unique de reprendre la main selon les dispositions des traités et redevenir le pilote de l’intégration européenne suivant les vœux et les objectifs du Parlement européen en ce qui concerne les stratégies économiques et sociales de l’Union européenne.

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Tout dépend de la capacité de Juncker à être innovant et audacieux vis-à-vis les autres institutions, ce qui suppose une sorte de rupture avec une certaine pratique du pouvoir. Donc, wait and see comme on dit en anglais !