Le Front démocrate, facilitateur d’un nouveau cartel des gauches ?

001frontdemJe n’écris plus trop sur mon blog politique, ces temps-ci, sans doute par fatigue, mais également lassitude. Lassitude face à une classe et une vie politiques de plus en plus dures et qui ne cesse de se regarder le nombril, alors qu’il y a beaucoup plus urgent à faire, c’est à dire, mener les réformes dont notre pays a tant besoin.

Mais quand on me convie, en tant que bloggeur, au congrès d’un nouveau parti, ma curiosité fait le reste. C’est ainsi que je me suis rendu au premier conseil national du Front démocrate qui se tenait à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine, le samedi 13 décembre. Durant une journée, sympathisants, militants et curieux (comme moi) ont suivi les travaux et les aspirations de ce mouvement fondé par l’ancien député européen écologiste puis Modem, Jean-Luc Benhamias.

Le Front démocrate n’est pas (encore) un parti en tant que tel et dans le sens classique du terme. En effet, la double-affiliation est acceptée (du moins tolérée) et c’est ainsi par exemple, que l’on retrouve des militants issus du Parti radical de gauche, du Parti socialiste, d’Europe Ecologie Les Verts et du Mouvement démocrate. Tous ne sont pas forcément en rupture et/ou en désaccord avec leurs partis d’origine, en revanche, ils sont à la recherche d’un nouveau souffle, considérant que les idées pertinentes se trouvent n’importe où, pourvu qu’elles servent l’intérêt général, et qu’elles participent à la rénovation durable et ambitieuse de notre pays.

Jean-Luc Bennahmias, président du Front démocrate en compagnie de Michel Suchod et de Christophe Madrelle, secrétaire général

Jean-Luc Bennahmias, président du Front démocrate en compagnie de Michel Suchod et de Christophe Madrelle, secrétaire général

Existant officiellement depuis le 27 septembre, le Front démocrate me séduit dans la mesure où sa démarche se veut simple. Comme le résume mon collègue bloggeur Cyril Marcant, « le Front Démocrate reprend un thème qui m’est cher, le rassemblement des forces progressistes, où comment réussir à mettre en place une union de la gauche allant du Parti Communiste Français, jusqu’à la branche du Modem qui refuse toute alliance avec une UMP de plus en plus réactionnaire en passant par le Parti Socialiste, le Parti Radical de Gauche et Europe Ecologie – Les Verts ». Le pari est ambitieux et le nouveau mouvement piloté par Jean-Luc Bennahmias, assume clairement son positionnement au centre-gauche ainsi que son soutien sans faille à la politique menée par le président de la République et le Premier ministre.

En effet, face à la montée d’une extrême droite qui profite des querelles internes du Parti socialiste, d’une gauche de la gauche qui se radicalise jusqu’au ridicule et d’une UMP qui a bien du mal à résister à la belle Marine, le Front démocrate recherche à mettre du concret, ce qui suppose de la réflexion et surtout des idées nouvelles à explorer et mettre en avant, comme me l’avait expliqué, une ex-camarade du PS et amie, ancien maire d’une ville de banlieue. Aussi, j’ai pu facilement et agréablement des points d’accords avec des militants issus du Modem et d’EELV qui refusent le carcan idéologique et qui considèrent qu’on peut se montrer pragmatique sans pour autant renier ses convictions, l’intérêt de notre pays devant primer surtout vu le contexte actuel.

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Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l’Orient, durant son exposé sur la politique étrangère de la France au Moyen-Orient

Ce n’est pas d’ailleurs pas pour rien qu’Antoine Sfeir, le directeur des Cahiers d’Orient fut l’invité d’honneur du colloque qu’il a animé sur la politique étrangère de la France, sa réflexion, pédagogue et instructive, apportant quelque chose de frais, différent de ce que j’ai l’habitude d’entendre. Et s’il est encore trop tôt à mon sens, pour évaluer le poids et l’impact du Front démocrate dans la vie politique, il n’en demeure pas moins que l’existence de ce nouveau mouvement montre, une fois encore, qu’on assiste à une nouvelle distribution des cartes dans le jeu politique français avec notamment un centre(-gauche) qui sera amené à jouer un rôle prépondérant, pourvu qu’il s’affirme franchement.

Pour moi qui recherchais quelque chose de neuf, je ne fus pas déçu. Ce qui ne veut pas dire que je démissionnerai du Parti socialiste (un parti auquel je reste attaché)… du moins pour l’instant.