SYRIZA: en route vers le pouvoir ?

Alexis Tsipras, leader du SYRIZA

Alexis Tsipras, leader du SYRIZA

Angela Merkel a été très explicite : si la Grèce décidait de renoncer à ses engagements, elle pourrait la pousser à quitter la zone Euro. Bien sûr, nombre de responsables politiques ont promptement réagi aux nouvelles déclarations de la chancelière allemande, pour rappeler que la Grèce reste un Etat indépendant et que les Grecs restaient libres de voter pour le parti qui veulent voir au pouvoir.

En effet, depuis que la Vouli (le parlement grec) a échoué à élire un nouveau chef de l’Etat, les spéculations reprennent sur la capacité du pays à respecter ses engagements, surtout dans l’hypothèse où SYRIZA remportait les élections anticipées du 25 janvier prochain. Actuellement, le mouvement d’extrême gauche mené par Alexis Tzipras fait la course en tête dans les sondages, juste devant l’actuelle coalition Nouvelle Démocratie – PASOK menée par Antonis Samaras. La plupart des analystes et des spécialistes craignent qu’une probable victoire de SYRIZA déstabilise le pays et par extension, toute la zone Euro qui poursuit son rétablissement et redevient crédible sur les marchés.

Mais avant de céder à la panique, il est important de rappeler que la Grèce est un Etat indépendant et souverain et que les Grecs sont libres de voter sans subir des pressions ou des chantages extérieurs, de l’Allemagne en particulier. Angela Merkel, par ses déclarations, donne, une fois encore, le sentiment qu’elle est la véritable patronne de l’UE et qu’elle peut menacer tout pays qui ne respecterait ses volontés et ses ordres. Une telle attitude pourrait bien encourager les citoyens grecs à voter massivement pour SYRIZA au lieu de se montrer plus réalistes et de soutenir l’actuelle coalition au pouvoir.

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Car il est nécessaire de rappeler que Nouvelle Démocratie (le parti de centre-droit) et le PASOK (le parti socialiste grec) dirigent le pays et se partagent le pouvoir depuis 1974 et la chute de la dictature des Colonels. Depuis des années, de véritables dynasties politiques se succèdent au pouvoir et elles ont échoué à moderniser la Grèce et son Etat. En 2009, le PASOK, en dépit de sa stratégie face à la crise qui a frappé lourdement le pays, a échoué et fut lourdement sanctionné, trois ans plus tard. Lassé par des politiques d’austérité à répétition et malgré que les efforts de la Grèce commencent à porter leurs fruits, de plus en plus de Grecs se tournent désormais vers SYRIZA.

Alors, bien que nous puissions nous inquiéter d’une probable victoire de SYRIZA, il me semble certain que ce parti, en revanche, ne pourra pas imposer ses conditions. En effet, ce parti n’obtiendra pas la majorité absolue pour diriger le pays et devra donc trouver des partenaires pour former un gouvernement et une parvenir à un accord politique. Qui plus est, même si Alexis Tzipras souhaitait renégocier les conditions relatives de l’aide avec la Troïka (Commission, BCE et FMI), il devra faire d’importantes concessions. En effet, la Grèce a besoin de rester à l’intérieur de la zone Euro, c’est important pour ne dire crucial pour son avenir et son rétablissement économique. Le patron de SYRIZA en est pleinement conscient et ne prendra pas le risque d’exiger une « Grexit », autrement dit une sortie de la Grèce de la zone euro. Car qui dit sortie de la zone Euro, dit sortie de l’Union européenne, l’Euro faisant partie d’un des principes fondamentaux de l’acquis communautaire.

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Une victoire de SYRIZA n’entrainerait pas obligatoirement des conséquences fâcheuses pour la zone Euro, comme le craignent (ou l’espèrent) certains. En effet, la pression se situe plutôt sur le leader d’extrême gauche qui devra trouver une coalition puis parvenir à un accord avec l’ensemble des leaders nationaux, Angela Merkel en tête. Autrement dit, il est plus aisé de faire des promesses durant les élections que de les tenir après !