Le plus dur vient après

20150123PHOWWW01987Comme prévu, SYRIZA a largement remporté les élections anticipées en Grèce avec près de 40% des suffrages contre seulement 28% pour Nouvelle Démocratie, le parti de centre-droit du Premier ministre sortant, Antonis Samaras et 4,5% pour le PASOK, le parti socialiste grec, désormais marginalisé. Alexis Tzipras est désormais le nouveau patron du pays et devra trouver des solutions pour sortir la Grèce de l’ornière. Pour cela, Tzipras compte s’attaquer à l’austérité et y mettre un terme, considérant que la stratégie de la Troïka (BCE, FMI et Commission européenne) est en tuer d’asphyxier la Grèce et son peuple.

Certains responsables politiques et militants de gauche ont rapidement exprimé leurs joies et espérances, une fois la victoire du parti de gauche radicale confirmée. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front de gauche, voit dans la performance de SYRIZA « un moment historique » et la plupart des gens considèrent que l’arrivée d’Alexis Tzipras au pouvoir devrait changer la donne au sein de l’Union européenne. Selon eux, si l’Europe veut être considérée et respectée par les citoyens, elle doit tenir compte de la volonté populaire des Grecs et parvenir à un compromis avec la Gauche radicale qui veut remettre en cause les plans de renflouement et autres mesures d’austérité imposées par la Troïka.

Alexis Tsipras, leader de SYRIZA et nouveau Premier ministre de Grèce

Alexis Tsipras, leader de SYRIZA et nouveau Premier ministre de Grèce

Alexis Tzipras bénéficie d’une totale légitimité car il a gagné les élections. Toutefois, il est nécessaire de rappeler que la performance de SYRIZA ne s’explique pas uniquement pas le rejet des mesures de rigueur menées par la coalition sortante ND-PASOK depuis 2012. Tzipras représente une sorte d’espoir, un nouveau départ pour un pays durement frappé par la crise et dont la population n’a pas l’impression de voir ses efforts récompensés. En votant pour Tzipras et SYRIZA, une majorité de Grecs ont voulu rappeler à la Commission européenne et aux leaders nationaux, qu’elle reste un peuple souverain, libre d’élire qui elle veut. En effet, rappelons que Jean-Claude Juncker et Angela Merkel avaient (maladroitement) exprimé leur préférence pour la coalition ND-PASOK, quelques semaines auparavant.

Nombre de personnes à l’intérieur comme en dehors de la Grèce espèrent désormais que Tzipras sera capable d’insuffler un dynamisme nouveau en Europe en imposant la volonté populaire. Certains espèrent même que la victoire de SYRIZA marque le coup d’envoi d’un mouvement populaire qui mettra un terme à une Europe libérale et soi-disant technocratique oppressant les citoyens en raison de son aspect non-démocratique soi-disant également. Mais en attendant le Grand Soir, les supporters de Tzipras devront prendre conscience que le nouveau leader devra faire des concessions à ses partenaires européens. Je l’avais précédemment dit dans un billet, Alexis Tzipras ne pourra pas imposer ses conditions comme il l’entend et devra trouver un accord en particulier avec Angela Merkel. La Grèce a clairement besoin de l’Europe et de rester dans la zone Euro et le nouveau chef du gouvernement grec sait qu’il devra faire preuve de modération s’il espère obtenir des résultats concrets. Qui plus est, si Tzipras souhaite que ses partenaires respectent la souveraineté de son pays, ce dernier devra faire la même chose comme le rappelle mon ami et collègue bloggeur Fabien Cazenave sur Le Plus/L’Obs. L’Allemagne n’ayant pas les mêmes priorités que la Grèce cela peut poser problème durant les prochains Conseils européens à Bruxelles.

Autrement dit, la victoire de SYRIZA ne devrait pas être synonyme de cauchemar pour l’Europe et les leaders nationaux. Cela peut même devenir une opportunité pour l’UE dans la mesure où la Grèce devra, au bout du compte, trouver et proposer une autre et pertinente stratégie relative à la crise et respecter ses engagements. C’est un véritable défi pour Alexis Tzipras qui sait clairement que la pression est désormais sur ses épaules. Car gagner une élection c’est une chose, c’est même le plus facile. Le plus dur vient après.

2 thoughts on “Le plus dur vient après

  1. bobcestmoi
    26 janvier 2015 at 2:13

    premier renoncement :
    le Mélenchon Grec s’allie au Dupont Aignan hellène

    1. gilles
      26 janvier 2015 at 11:08

      Et pour quels resultats ? Autant que SYRIZA ait obtenue la majorité absolue !