Stéphane Tiki, la chute (imprévue) d’un ambitieux

ZpP3behLAu départ, j’ai cru à une blague, une bonne blague belge. Puis non !

Stéphane Tiki n’aura été que quelques semaines, président des Jeunes Populaires. Cet admiratif de Nicolas Sarkozy et ce proche de Geoffroy Didier – le cofondateur de « La Droite forte », le courant conservateur de l’UMP – s’est mis en congé, suite à la révélation du Canard Enchaîné de sa situation d’immigré sans papiers. L’intéressé a démenti, indiquant qu’il avait fait une demande de naturalisation, demande actuellement en cours. Or, selon Europe 1, sa demande de nationalité française fut rejetée en 2009 et depuis ce dernier n’aurait pas introduit de nouveau dossier.

Stéphane Tiki est un homme pour le moins ambitieux, et il ne s’en cache pas d’ailleurs ! Citoyen camerounais, il arrive en France en 2005 pour poursuivre ses études. Deux ans après, séduit par la campagne et les idées de Nicolas Sarkozy, il adhère à l’UMP où il intègre l’équipe de Rachida Dati aux municipales de 2008. Après avoir soutenu Jean-François Copé à la tête de l’UMP en 2012, il fonde en 2014 l’association « Génération Sarkozy ». Redevenu président de l’UMP, Nicolas Sarkozy le nomme alors président des Jeunes Populaires en succession de Benjamin Lancar en décembre dernier.

Stéphane Tiki, en compagnie de Nicolas Sarkozy

Stéphane Tiki, en compagnie de Nicolas Sarkozy

Jusqu’à cette information du Canard Enchaîné qui provoque, il va sans dire, un énorme préjudice au désormais ex-président des Jeunes Populaires. Car outre cette nomination pour le moins passée inaperçue, cette révélation donne un coup d’arrêt aux ambitions d’un homme qui rêvait d’une carrière politique et d’un destin national. Il ne s’agit pas de dire si Stéphane Tiki est de bonne ou de mauvaise foi mais il n’est pas exclu de penser qu’un piège s’est probablement refermé sur lui, certains au sein des Jeunes Populaires n’ayant pas intérêt à voir un tel homme réaliser ses objectifs aussi facilement.

Car il faut rappeler que la succession de Benjamin Lancar – démissionnaire en septembre 2012 pour cause d’admission à l’Ecole nationale d’administration (ENA) – fut particulièrement pénible et difficile. Durant une certaine période, et conséquence directe de la guerre de tranchées entre Copé et Fillon pour la présidence de l’UMP, c’est une direction collégiale qui fut chargée de diriger les Jeunes Populaires jusqu’à la nomination de Tiki en décembre 2014. Et il n’est pas impossible que ce dernier fut victime des ambitions de certains qui avaient tout intérêt à diffuser cette information pour le moins embarrassante.

Car il serait surprenant qu’au sein de l’UMP, personne ne soit au courant de la situation administrative de Stéphane Tiki, d’autant plus qu’une telle information est lourde, politiquement parlant. C’est dire le manque de rigueur qui semble prévaloir au sein du premier parti d’opposition qui n’a pas pris les précautions minimales avant de nommer ce jeune homme à un tel poste ! Un jeune homme qui, victime de sa propre imprudence, peut très probablement tirer un trait sur ses rêves et ambitions politiques, du moins pour le moment !

Stéphane Tiki, lors de l'université d'été des Jeunes Populaires en août 2010

Stéphane Tiki, lors de l’université d’été des Jeunes Populaires en août 2010

En attendant, les réactions et les soutiens sont pour le moins curieux dans la mesure où si les Jeunes Socialistes, par la voix de leur présidente Laura Slimani, s’est émue de la situation de son ex-homologue (non sans une pointe de méchante ironie !), celle du Front national fut encore plus surprenante, Marion Maréchal Le Pen estimant même que Stéphane Tiki méritait sa naturalisation ! Une réaction très ironique et non dénuée d’arrières pensées qui contraste fortement avec l’attitude plus ou moins embrassée et embarrassante des principaux cadres de l’UMP ! D’ici là, j’espère qu’on pourra faire quelque chose pour le jeune homme qui se serait bien passé de cette histoire pour le moins très ennuyeuse !