Le syndrome « Ecole des fans »

-1Curieuse impression que j’ai eu ce matin lorsque j’ai consulté la « une » de Libé, commentant le premier tour des élections départementales.

Trois visages, trois sourires, ceux de Nicolas Sarkozy, de Marine Le Pen et de Manuel Valls. Trois expressions heureuses, comme si tout le monde avait gagné malgré une abstention record.

Toujours est-il que les résultats du premier tour ont réservé son lot de surprises plus ou moins agréables. Tout d’abord, le Parti socialiste qui évite la correctionnelle même si elle a laissé d’importantes plumes, hier soir. Bien qu’absent dans plus de 500 cantons au second tour, le principal mouvement de gauche a finalement limité la casse, ce qui permettra sans doute au Premier ministre de rester à la tête du gouvernement et même au président de la République de se donner un nouveau bol d’air, si même modeste ! De fait, dans un contexte marqué par une division de la gauche et une incroyable dispersion de voix, sans oublier un scrutin pour le moins compliqué et qui a très peu passionné les foules ainsi qu’une impopularité de l’exécutif, réaliser une performance de la sorte révèle quasiment de l’exploit ! Signe sans doute qu’en dépit des difficultés du président de la République et de son gouvernement à réformer notre pays, ces derniers n’ont pas totalement perdu tout crédit au sein de l’électorat, signe surtout que la gauche de la gauche et les écologistes ne parviennent toujours pas à tirer leur épingle du jeu, résultats à l’appui !

Nicolas Sarkozy, président de l'UMP

Nicolas Sarkozy, président de l’UMP

De son côté, Nicolas Sarkozy peut également avoir le sourire. Comme prévu, l’UMP réalise d’importants scores, conséquence de sa stratégie d’union avec l’UDI. Mais ce succès n’est pas une surprise en soi dans la mesure où les élections intermédiaires sont traditionnellement défavorables pour la majorité. Nicolas Sarkozy n’a fait que profiter de l’impopularité de François Hollande tout en jouant sur deux tableaux : un discours de drague aux électeurs du FN et une stratégie d’union, davantage préconisée par Alain Juppé et Bruno Le Maire que par lui-même !

Marine Le Pen, présidente du Front national, députée européenne

Marine Le Pen, présidente du Front national, députée européenne

Enfin, Marine Le Pen peut se montrer sereine, même si elle rate son pari de faire du FN, la première formation au niveau local. Le parti d’extrême droite réalise un bon score (environ 25% des voix) en dépit d’une campagne très low cost essentiellement centrée sur l’image de Marine Le Pen avec en prime, des candidats plus ou moins fictifs, c’est-à-dire, très peu visibles. Le FN est en capacité de se maintenir et sera même en mesure de jouer les faiseurs de rois, aussi bien dans le Vaucluse, l’Oise, le Pas de Calais ou bien encore la Seine-Saint-Denis (j’aurai l’occasion d’en parler ultérieurement)

Aussi, je ne sais pas trop quoi penser de ce premier tour dans la mesure où tout le monde donne le sentiment d’avoir réussi, un peu comme si on était à l’Ecole des fans : le PS pour avoir limité la casse et rappelé à ses partenaires que l’union de la gauche n’est pas encore un vain mot et reste encore pertinente, l’UMP qui devra se contenter d’une victoire par défaut en lieu et place d’une victoire par KO (comme souhaité) et le FN qui profite encore de la dynamique initiée par sa patronne.

Un scrutin qui montre bel et bien qu’il existe trois France et qu’on a affaire à un pays profondément divisé et surtout indécis quant à la direction qu’il doit prendre pour sortir de l’ornière.

2 thoughts on “Le syndrome « Ecole des fans »

  1. 23 mars 2015 at 2:10

    « École des Fans« , oui, et surtout un vilain « Qui perd-gagne » à Gauche, à en croire l’auto-satisfecit de certains à Gauche. Mais bon…

  2. 23 mars 2015 at 4:04

    C’est presque le titre de mon billet.

    Quant à certains, à gauche qui ne comprennent rien à l’humour.