Le FN, faiseur de roi en Seine-Saint-Denis ?

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Affiches électorales du premier tour dans le canton de Bobigny/Noisy le Sec

Les résultats du premier tour des départementales ont été à peine analysées qu’il faut déjà se (re)mettre en ordre de bataille pour le second tour de dimanche prochain.

La gauche est arrivée en tête en dépit de la grosse division (et concurrence) du PS (allié à Europe Ecologie Les Verts) et du Front de gauche. Après une campagne plutôt âpre, socialistes et communistes semblent signer la paix des braves et choisir (enfin) la voie du rassemblement face à une droite qui progresse par rapport aux scrutins de 2008 et de 2011 dans certains cantons, confirmant ainsi ses gains des municipales de 2014.

Dès lors, tout semble ouvert et si la gauche peut escompter de conserver la Seine-Saint-Denis dimanche prochain, la droite peut encore espérer de la conquérir, ce qui constituerait une surprise dans la mesure où, pour la première fois depuis la création du département, ce dernier changerait de couleur politique et connaitrait donc l’alternance.

Stéphane Troussel, président sortant du conseil général lors du meeting de lancement des élections départementales, en janvier dernier, à Clichy sous Bois

Stéphane Troussel, président sortant du conseil général lors du meeting de lancement des élections départementales, en janvier dernier, à Clichy sous Bois

Aussi, PS et UMP jettent toutes leurs forces dans une bataille qui s’annonce décisive notamment à gauche qui compte beaucoup sur la mobilisation de son électorat. Mais de fait, tout va dépendre de l’attitude des électeurs du Front national dont il est indéniable d’affirmer qu’il a fortement progressé dans en Seine-Saint-Denis si on croit les différents résultats. Bien qu’il ne soit pas en capacité de se maintenir au second tour (exception faite du canton de Drancy et celui de Tremblay en France où il est arrivé en tête), le FN peut, à défaut, jouer les faiseurs de rois entre le PS et l’UMP/UDI tant les voix obtenues par les binômes frontistes dans le département sont loin d’être négligeables, pouvant ainsi faire la différence ce dimanche.

Tout va en réalité dépendre de la capacité de la gauche et de la droite de capter les voix des électeurs frontistes. Même si certains parient plutôt sur une abstention de ces derniers – fidèles au mot d’ordre de Marine Le Pen « UMPS » – il n’en demeure pas moins qu’ils risquent de peser dans la balance, tout particulièrement dans certains cantons où socialistes/communistes et UMPistes/centristes sont au coude à coude tout particulièrement à Bondy, Livry-Gargan ou Sevran. Dans ces cantons, le vote frontiste avoisine les 20% quand il ne dépasse carrément pas les 30% des voix et même si les binômes finalistes peuvent miser sur les électeurs qui se sont abstenus dimanche dernier, chacun sait que c’est une donnée à prendre en compte.

648x415_affiche-campagne-fn-pendant-elections-departementales-mars-2015Quelque soit le résultat du scrutin, un fait demeure : le Front national fait son retour en Seine-Saint-Denis et cherche à s’y investir au grand dam de celles et ceux qui le pensaient définitivement sur le déclin. C’est une réalité et le nier, c’est au mieux de l’aveuglement au pire de l’inconscience politique. Fort de leur mobilisation, les électeurs frontistes savent qu’une partie des clés du scrutin se trouve dans leurs mains et qu’il suffit un bon report de voix pour le département bascule d’un côté… comme de l’autre dimanche.