Une leçon pour les régionales ?

Le second tour a confirmé (et même amplifié) la tendance du premier. La droite a largement remporté l’édition 2015 des départementales en décrochant 66 départements contre (seulement) 34 pour la gauche. De son côté, le FN échoue à conquérir le Nord, l’Aisne ou bien encore le Vaucluse mais peut se targuer d’avoir réussi son pari, celui de s’implanter localement.

Nouvelle carte des départementales au lendemain du second tour

Nouvelle carte des départementales au lendemain du second tour

Il s’agit donc d’une victoire sans appel et sans conteste pour l’UMP qui a habilement joué la carte de l’union avec l’UDI et surfant sur les déboires de l’exécutif. Nicolas Sarkozy peut savourer cette victoire mais qui est plus le fruit des circonstances que d’une quelconque gagnante directement inspirée de lui. Le président de l’UMP le sait pertinemment (ou devrait le savoir !), son parti est loin de retrouver la grâce des Français qui ont davantage voté pour sanctionner la gauche que soutenir un éventuel retour de la droite au pouvoir ou une quelconque alternance. Le penser autrement (comme l’avait clairement indiqué Nicolas Sarkozy lors de son discours hier soir), c’est prendre le risque d’entretenir un malentendu avec nos compatriotes.

648x415_manuel-valls-quitte-pupitre-apres-allocution-soir-premier-tour-elections-departementales-22-mars-2015-a-parisLa gauche est lourdement et clairement sanctionnée pour son manque d’unité (cela lui a été fatal au premier tour notamment) mais aussi pour son manque évident de lucidité notamment dans certains départements et/ou cantons. Face à une droite en confiance et désireuse de conquête, la gauche locale a pêché en raison de ses certitudes toutes faites. Sans oublier que les querelles entre socialistes, écologistes, communistes et compagnie ont sans doute achevé de convaincre l’électeur à se reporter sur un autre choix ou bien carrément à rester chez lui. Il n’en demeure pas moins une certitude : quand la gauche se divise (parfois pour des broutilles) et que chacune de ses composantes jouent à celui qui a la plus grosse, personne n’en profite en son sein, comme le montre assez clairement le score d’EELV et surtout du Front de gauche (Parti de gauche en tête !)

marine-drapeauQuant au FN, il peut au bout du compte se féliciter d’avoir passé une bonne soirée. Certes, il ne remporte aucun département mais a désormais une centaine (sinon plus) de conseillers départementaux, signe de la poursuite de son ancrage local. Pour un parti qui participe à un scrutin qui lui est traditionnellement défavorable, c’est plutôt une bonne performance ! Il n’en demeure pas moins qu’il faudra désormais tenir compte de l’équation FN dans les scrutins à venir, ce qui suppose que les partis traditionnels proposent une autre stratégie, pas uniquement centrée sur la dénonciation du FN, mais sur des politiques concrètes apportant des résultats concrets.

Ces élections départementales ouvrent dès lors, une nouvelle séquence politique avec une UMP/UDI qui gagne sans véritablement convaincre, une gauche qui paie cash le prix de sa division alors qu’elle devrait rester soudée vaille que vaille et un FN qui est en capacité à jouer les arbitres et qui pourrait faire de très bons scores pour les régionales de décembre prochain. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas le gouvernement qui se retrouve sanctionné mais bel et bien un PS qui n’a pas suffisamment pris la mesure de cette élection. Comme le dit si justement Julien Dray, il faut tout revoir au sein du Parti socialiste et notamment dans son rapport avec les militants. Enfin, un important travail est à faire au sein de la gauche qui aurait pu (et du) se passer d’une telle séquence politique. En espérant également qu’elle prenne enfin en compte qu’une nouvelle droite s’installe dans le paysage politique (plus fourbe, cynique et ambivalente électoralement parlant) en particulier en Seine-Saint-Denis. Le nier, c’est creuser notre tombe !

2 thoughts on “Une leçon pour les régionales ?

  1. PIERROT13
    30 mars 2015 at 2:33

    Voilà pour les considérations générales. J’ajouterai un grand manque. La nouveauté a été la globalisation des renouvellement ce qui en a fait une campagne nationale qui a occulté le caractère local de l’enjeu. De plus nous avons eu droit a une campagne brouillonne et surtout pas clairement définie. Quelles sont les compétences des conseils nouvellement élus, quelles vont être les compétences des futures régions ? Et tout cela a également contribué à brouiller les enjeux et à laisser émerger les populismes qu’ils soient d’extrême droite ou de droite. Sarkozy a bien tenté de se refaire une virginité à travers ce scrutin. Comme a son habitude la gauche de la gauche a été ionsignifiante tout comme les partis écolo.

    1. gilles
      30 mars 2015 at 3:28

      Bien d’accord !