La revanche de Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy peut légitimement savourer sa victoire. Dimanche soir, son parti – l’UMP – a remporté le second tour des départementales en réalisant un parfait hold-up. Plus d’une soixantaine de départements sont tombées dans son escarcelle et l’ex-agité de l’Elysée peut afficher un très large sourire, un sourire carnassier telle sa marque de fabrique.

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Nicolas Sarkozy, président de l’UMP

Depuis lors, l’ensemble de la presse nationale et internationale insiste sur le succès net et sans bavure du patron de l’UMP, de la claque infligée par l’ancien président de la République à son successeur. Comme il l’a lui-même rappelé hier soir, « l’alternance est en marche et rien ne l’arrêtera ». Les Français veulent le retour de la droite et de son champion, fermez le ban, n’en jetez plus ! Les ennemis d’hier commencent à retourner leur veste, tel François Fillon, par exemple et les ténors de droite rêve d’un retour triomphal de leur patron, tel Napoléon durant les Cent Jours il y a deux ans tout juste.

Nicolas Sarkozy, en bon politicien avisé, sait qu’il a davantage profité de la division et des déboires de la gauche pour s’imposer à l’issue du scrutin. Tout comme il sait, en bon politicien avisé, que le FN a réalisé de bons scores et que sa progression n’a nul été stoppée par son discours droitier. Il le sait, mais mu par une volonté de revanche tous azimut, il tente d’imposer aux Français que nous sommes, un nouveau story-telling dans lequel on insisterait sur son prétendu retour en grâce vers l’Elysée, ce qui constituerait une première dans l’Histoire de notre pays !

Or, avant de rêver de l’Elysée, Nicolas Sarkozy doit répondre à une question fondamentale : son rapport avec l’extrême droite de Marine Le Pen. Celui qui se targuait en 2007 d’avoir terrassé le Front national de Jean-Marie Le Pen se présente à nouveau comme le meilleur rempart à ce dernier. C’est oublier que le FN a bien progressé lors de ces départementales et qu’il est bien décidé à tailler des croupières à l’UMP, histoire de mieux le placer face à ses contradictions et le cannibaliser de l’intérieur.

Car l’ex-agité de l’Elysée sait qu’il ne peut à la fois draguer les électeurs du centre en faisant l’alliance avec l’UDI tout en assumant un discours lepéno-compatible à la fois, au risque de rendre la grille de lecture de l’UMP impossible. D’ailleurs, est-ce que l’UMP aujourd’hui ? Le parti d’inspiration gaulliste de 2002, la machine à succès de 2007 ou bien ce mouvement de 2015 qui courre après le FN pour mieux le singer ?

Autant de questions pour un homme qui n’a finalement qu’un unique programme : prendre et assouvir sa revanche à la fois sur un homme qu’il déteste bien cordialement à savoir François Hollande mais également sur des cadres de l’UMP qui savent que laisser Sarkozy, c’est prendre le risque de faire une croix définitive sur ses ambitions présidentielles.

Dès lors, la période qui s’ouvre à l’UMP va être très intéressante en particulier pour les adversaires de l’ex-agité de l’Elysée qui n’ont pas dit leur dernier mot et qui étaient prompts à nuancer la victoire de l’ancien président. Ils ne le savent que trop bien : ce dernier, pour reconquérir les Français devra se surpasser et être porteur d’idées nouvelles et audacieuses, un comble pour un homme qui promettait la rupture en 2007 !

Toujours est-il que l’attitude crasse et arrogante de l’ancien président de la République est plutôt de mauvais augure. Nicolas Sarkozy n’a qu’une obsession en tête et cela me fait du mal au cœur car cela contribue à alimenter le fameux « Tous pourris » et le soi-disant « système UMPS » si cher à Marine. Et je n’ose même pas imaginer les réactions affligées de la scène internationale qui se dit que la France est tellement ingouvernable et irréformable que même les battus peuvent rester en politique, jusqu’à ce que la maladie ou les affaires les rattrapent définitivement !