Les écolos en perdition

Pascal Durand (alors secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts) en compagnie d'Emmanuelle Cosse et de Cécile Duflot

Pascal Durand (alors secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts) en compagnie d’Emmanuelle Cosse, de Cécile Duflot et d’Eva Joly

Ah ! Qu’il est loin le temps où Europe Ecologie Les Verts imaginait bouleverser le paysage politique français et devenir le leader de la gauche en lieu et place du Parti socialiste ! Qu’il est loin le temps où on avait des leaders responsables ayant une stratégie et qui parlaient de choses concrètes à l’ensemble de la population !

Les récentes élections départementales ont une nouvelle fois marqué les profondes divisions qui existent au sein des écologistes français. Entre ceux qui comme Jean-Vincent Placé ou encore François de Rugy ne seraient pas contre un retour au gouvernement et ceux à l’instar de Cécile Duflot qui considèrent que le logiciel de Manuel Valls est dépassé et qu’une alliance avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon pourrait marquer le salut des Verts, un très grand écart subsiste et non seulement on s’y perd volontiers et en plus, il n’est pas certain qu’EELV se sorte de cette énième dispute en un seul morceau.

En 2009 pourtant, et comme l’avait très justement et lucidement rappelé le député-maire de Bègles, Noël Mamère, les écologistes avaient réussi à dépasser leurs différences et les ambitions personnelles de chacun pour s’adresser aux Français et les rassembler autour d’un projet novateur et ambitieux. Europe Ecologie Les Verts était né et ce parti donnait même un nouveau souffle à la gauche, c’est du moins ce que certains croyaient.

Cécile Duflot (alors ministre du Logement) en compagnie de Jean-Vincent Placé, sénateur EELV de l'Essonne en septembre 2013

Cécile Duflot (alors ministre du Logement) en compagnie de Jean-Vincent Placé, sénateur EELV de l’Essonne en septembre 2013

Mais depuis un certain moment, les écolos sont en totale perdition, bien incapables de définir une ligne claire et surtout audible, sans oublier les ambitions personnelles des uns et des autres qui minent la cohésion (ou du moins ce qu’il en reste !) de ce parti. A ce titre, le cas de Cécile Duflot est assez révélateur dans la mesure où elle est en quête de virginité politique en se rapprochant de la gauche de gauche pour mieux taper sur le gouvernement mais aussi sur François de Rugy et Barbara Pompoli, les présidents du groupe écologiste à l’Assemblée favorable à un retour d’EELV aux affaires.

Si l’attitude de Cécile Duflot n’est pas surprenante, il n’en demeure pas moins qu’elle est non seulement idiote mais surtout dangereuse dans la mesure où c’est l’unité même d’EELV et son utilité dans le débat politique qui sont menacées ! Alors que les écologistes demandent à être traités avec davantage de considération et de respect par le Parti socialiste, ces derniers se distinguent plutôt par un manque de maturité et surtout de lucidité assez flagrant, pour ne pas dire navrant ! En agissant de la sorte, Cécile Duflot, sans doute très concentrée sur sa probable candidature à l’élection présidentielle de 2017, en oublie qu’elle a plutôt intérêt à avoir un parti écologiste uni et surtout responsable car membre de la majorité présidentielle (du moins officiellement)

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts, en compagnie de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts, en compagnie de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste

Ce tel remue-ménage contribue à faire perdre à Europe Ecologie – Les Verts toute crédibilité et qui fait replonger ce parti dans ses pires travers. Bien dommage surtout à l’heure où la gauche doit se remettre en ordre de bataille après le spectacle affligeant de la désunion qu’il a donné lors des départementales. Si Europe Ecologie Les Verts veut s’affirmer, cela suppose qu’il se mette enfin au clair ! Sans doute aussi la preuve que l’écologie se porte mieux et être davantage considérée quand les écologistes eux-mêmes n’en parlent pas, surtout lorsqu’ils sont occupés à se disputer comme on se dispute à l’école primaire !