#Jesuiskenyan mais tout le monde s’en fout !

au-lendemain-du-massacre-de-garissa-un-pays-choque-mais-resoluLa semaine dernière, 148 étudiants de l’université Garissa furent sauvagement tués par les Chebabs. Les images sont terribles et il n’y a pas de mots pour expliquer ce chaos. Pas de justification pour excuser les bouchers qui ont délibérément tué des hommes et des femmes, coupables uniquement d’étudier pour rendre leur pays meilleur.

La plupart des gens à travers la planète ont réagi pour condamner l’attentat et exprimer leur solidarité avec le peuple kenyan mais l’écho de cette mobilisation fut bien différent si on compare avec ce qui s’est passé à Paris, il y a trois mois ou récemment à Tunis, il y a trois semaines. Pas de président occidental ou africain pour proposer et/ou joindre une marche pour condamner le terrorisme et dire « Je suis kényan ». Ni François Hollande, Angela Merkel ou bien encore le président de la République du Togo, Faure Gnassingbé ont pris l’avion pour Nairobi pour exprimer leur solidarité avec le président kényan Kenyatta comme s’ils considéraient cet événement comme une fatalité supplémentaire comme l’Afrique en a l’habitude de vivre depuis des années.

dessin statue 2_0Les attentats de Paris ont poussé des milliers de Français à manifester dans les rues pour exprimer leur attachement aux valeurs républicaines et à la liberté d’expression. François Hollande s’est rendu à Tunis, il y a trois semaines, pour participer à la marche contre le terrorisme. Mais pas d’initiative internationale ou d’appel international jusqu’à présent pour condamner l’attaque de Garissa et soutenir l’Afrique.

Les attentats de Garissa sont, pour autant tout aussi importants que les tragédies de Paris et de Tunis, par seulement en raison du nombre de morts et de son caractère terroriste. Au Kenya, les extrémistes, en tuant des étudiants, se sont attaqués à l’éducation et au savoir car considérant ces droits fondamentaux comme contraire à la religion et à leur stricte interprétation du Coran comme ils étaient strictement opposés à la liberté d’expression à Paris et au droit à la culture à Tunis.

Dans ce contexte international, le terrorisme ne fait pas la différence entre un Occidental ou un noir-Africain mais s’attaque à tout ce qui ne rentre pas en conformité avec les Saintes écritures. Face au terrorisme, une réponse globale est primordiale comme tout une solidarité et une mobilisation mondiale ! La tragédie du Kenya ne devrait être considérée comme une stratégie de plus, une chose à laquelle nous n’y pouvons rien car cela se passe en Afrique noire et qu’il n’y a pas de victimes européennes ou nord-américaines.

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L’Afrique avait déjà fait face au terrorisme il y a dix-sept ans lorsque deux bombes avaient explosé à l’ambassade des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie, tuant près de 200 personnes. Al-Qaeda avait revendiqué cet attentat et les pays occidentaux auraient – déjà ! – du faire davantage attention en insistant sur davantage de coopération avec les pays africains. L’attentat de Garissa montre que face au terrorisme, une coopération internationale et étroite est nécessaire car chaque Etat est concerné qu’il soit situé en Europe ou en Afrique. L’accès à l’éducation, le droit d’apprendre et à la culture sont les mêmes à Garissa, Paris, et Tunis et il ne devrait pas exister d’indignation sélective ou de condamnation à minima selon le pays ou les gens assassinés. Le terrorisme demeure une question internationale et les leaders devraient en prendre conscience désormais, ce qui suppose une autre réaction, pas une sorte d’indifférence ou de cynisme, lors qu’il s’agit de l’Afrique. Car le l’extrémisme religieux n’a pas de frontières, de pitié et ne fait pas la distinction entre couleurs. C’est le message que Hollande, Merkel, Cameron, Sall et Essebi et les autres auraient pu adresser à leur homologue s’ils étaient présents à Nairobi, ce lundi.