Bart de Wever, le (vrai) patron de la Belgique ?

Bart de Wever, député-bourgmestre d'Anvers et leader de la NV-A

Bart de Wever, député-bourgmestre d’Anvers et leader de la NV-A

Bart de Wever, vrai patron de la Belgique ? C’est l’idée qui sort du Grand Baromètre Le Soir, RTL-TVI, Ipsos dans lequel plus de 60% des personnes interrogées considèrent le leader nationaliste flamand comme celui qui dirige en réalité le plat pays, Charles Michel, l’actuel Premier ministre libéral, étant sous influence.

Près d’un an après les élections fédérales et huit mois après la mise en place du nouveau gouvernment fédéral, Bart de Wever semble conserver son influence dans la vie politique belge. Son parti, la NV-A (Nouvelle alliance flamande) contrôle la plupart des ministères régaliens stratégiques (Intérieur, Economie, Finances, Politique migratoire et asile, Justice…) et dirige, avec l’Open VLD (les libéraux néerlandophones) et le CD&V (les chrétiens démocrates néerlandophones), la Flandre. Le premier ministre fédéral, le libéral (francophone) Charles Michel, mène toujours une politique de droite qui convient aux nationalistes flamands et ces derniers disent toujours à l’envi qu’ils sont plus concentrés sur les réformes que sur une nouvelle réforme de l’Etat, comprenez, un nouveau transferts de compétences au (seul) profit de la Flandre.

De fait, Bart de Wever ne voit plus dans le poste de Premier ministre de Belgique, un passage obligé pour imposer ses vues. En effet, c’est désormais au sein des régions et des communautés que tout se passe et depuis la dernière réforme de l’Etat, la Flandre, Bruxelles et la Wallonie ont obtenu de nouvelles compétences au détriment du Fédéral qui perd de son intérêt et de sa force. Pour certains responsables politiques flamands, la Belgique ne semble plus essentielle pour développer et rendre la Flandre encore plus prospère. La Belgique, c’est désormais, une marque, quelque chose d’utile pour attirer les investisseurs étrangers et les inviter à faire des affaires dans le nord du pays et éventuellement à Bruxelles. Autrement dit, être à la tête du gouvernement belge n’est plus indispensable pour les partis néerlandophones qui voient dans le Premier ministre, une sorte de coordinateur et non plus un symbole du pouvoir national, contrairement aux Francophones.

Bart de Wever et Charles Michel, Premier ministre (MR, Mouvement réformateur, parti libéral francophone) de Belgique

Bart de Wever et Charles Michel, Premier ministre (MR, Mouvement réformateur, parti libéral francophone) de Belgique

Qui plus est, Charles Michel et Bart de Wever sont devenus, au fil du temps, des alliés objectifs. Bien que le leader libéral francophone clame toujours son combat pour une Belgique unie, l’actuel Premier ministre et le leader nationaliste partagent le même diagnostic à propos de leur pays : il doit être réformé et modernisé en profondeur, quitte à se débarrasser des socialistes et de ses alliés, notamment la puissante Fédération générale des travailleurs belges (FGTB), le premier syndicat en Belgique et proche du Parti socialiste francophone (et dans une moindre mesure du sp.a, le parti socialiste néerlandophone). Michel et de Wever voient en effet les socialistes (francophones) comme un frein majeur à la rénovation de la Belgique et les deux leaders ont des intérêts en commun et à partir du moment où le PS francophone se retrouve dans l’opposition et que Charles Michel applique ses idées, Bart de Wever n’a pas besoin d’occuper la Rue de la Loi. C’est même un avantage dans la mesure où il n’est pas exposé à la grande différence de Charles Michel.

En restant à Anvers, la ville dont il est le bourgmestre (maire) depuis deux ans et demi et se tenant à distance des affaires fédérales, Bart de Wever peut tranquillement étendre son influence sur le gouvernement belge et apparaître comme le véritable patron du pays, bien aidé par son nouvel ami, le Premier ministre de Belgique himself !