En route vers le « Brexit » ?

EU-ExitEst-ce que la Grande-Bretagne va quitter l’UE d’ici 2017 ? Personne ne peut encore le prédire mais tout le monde semble se préoccuper de la situation à venir.

En 2012, David Cameron annonçait la tenue d’une référendum sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l’UE s’il remportait les élections générales suivantes. Trois ans après, le leader conservateur obtient la majorité absolue aux Communes avec 326 sièges.

Jusqu’à présent, les leaders nationaux européens ainsi que les officiels de l’UE n’ont pas commenté la large victoire de Cameron, du moins officiellement. Cependant, ils ne peuvent rester indifférents par rapport à la nouvelle donne politique à Londres et savent que David Cameron pourrait bien être tenté de radicaliser sa position au sein de l’UE dans le cadre des renégociations d’adhésion de son pays.

Dès lors, le Royaume-Uni et le reste de l’Europe vont clairement s’affronter. Le leader britannique devra se monter clair et expliquer à ses partenaires et à ces concitoyens quel est son plan pour redéfinir les relations UE – Grande-Bretagne, avec ou sans l’Europe. Cameron doit également expliquer ce qu’il va faire et ce qu’il veut concrètement.

4605919_6_95bd_le-premier-ministre-britannique-david-cameron_87605165ce2c942a44bc587db072be01Toutefois, il doit se montrer transparent avec les Britanniques sur les conséquences d’un « Brexit », c’est à dire d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE. En effet, le Royaume-Uni est l’une des principales puissances de l’UE et l’un des moteurs en raison de son économie fleurissante. Le Royaume-Uni a besoin de l’UE pour sa croissance tout comme l’UE a besoin du Royaume-Uni et tout le monde sait que les conséquences pourraient être sans précédent. Il est très probable que la plupart des Britanniques ne sont pas réellement conscients de la nouvelle donne à venir pour leur pays s’ils décident de quitter l’Union.

Alex Salmond (à l'époque Premier ministre de l'Ecosse) en compagnie de Nicola Sturgeon (à l'époque vice-premier ministre) lors de la campagne pour le Oui à l'indépendance de l'Ecosse, le 10 septembre 2014 à Edimbourg

Alex Salmond (à l’époque Premier ministre de l’Ecosse) en compagnie de Nicola Sturgeon (à l’époque vice-premier ministre) lors de la campagne pour le Oui à l’indépendance de l’Ecosse, le 10 septembre 2014 à Edimbourg

D’autant plus que le Scottish National Party (SNP) a renforcé sa position sur la scène politique britannique. Avec 56 députés, le parti nationaliste est désormais la troisième force politique à Westminster et il est sur que les Ecossais défendront leurs intérêts mais également la construction européenne. En outre, l’Europe était un argument utilisé par les partisans de l’indépendance comme il est également utilisé en Flandre, Catalogne et en Corse. Autrement dit, si Cameron décide finalement de tenir un référendum d’ici 2017, le SNP a d’ores et déjà prévenu : il organisera un autre référendum sur l’indépendance qu’ils pourraient remporter cette fois-ci.

C’est pourquoi il est plus que possible que David Cameron fasse preuve de prudence avec ses partenaires européens dans les prochains mois. Le Premier ministre réélu est conscient que ses homologues ne feront pas aussi facilement des concessions et qu’il devra apporter des garanties aux gens qui souhaitent avoir leur mot à dire sur l’avenir de la Grande-Bretagne au sein de l’UE comme il doit maintenir l’unité de son pays tout en faisant des concessions aux nationalistes écossais.

En résumé, le plus dur est tout juste à a venir et ce n’est que le commencement !

2 thoughts on “En route vers le « Brexit » ?

  1. 9 mai 2015 at 10:02

    L’ombre du Brexit est de retour, à nous européistes de saisir l’opportunité, dans l’adversité, de renforcer l’Union avec ceux qui le veulent. Il est du devoir des élus d’enfin assumer l’Union comme un échelon politique au même titre que le local ou le national.

    1. gilles
      9 mai 2015 at 12:33

      Cette ombre n’est jamais partie en réalité, elle est volontairement là pour faire monter les enchères

      Mais je pense in fine que la Grande-Bretagne restera dans l’UE. Cameron le sait, qui plus est, s’il va jusqu’au bout il risque de porter atteinte à l’unité de son pays, l’Ecosse étant très attachée à l’UE.