La mort du parrain

1867536lpw-1867537-article-horizontal-jpg_2920604_652x284S’il y a une mort qui m’a surpris, c’est celle de Charles Pasqua.

Non pas en raison de l’âge – il avait 88 ans quand même et paraissait bien fatigué, cela se voit à ses traits tirés par la vieillesse – mais de la soudaineté de son décès, tellement on avait l’habitude du personnage.

Fervent gaulliste pour les uns, magouilleur sexiste pour les autres, Charles Pasqua n’a laissé personne indifférent. En même temps, comment il peut en être autrement lorsqu’on a été présent sur la scène politique française durant plus de quarante ans et qu’on a été dans les principaux échelons du pouvoir notamment le département des Hauts-de-Seine qu’il a dirigé d’une main de fer, véritable pépinière d’une certaine classe politique de droite plus ou moins recommandable (surtout moins !)

Je n’ai jamais vraiment apprécié Charles Pasqua, c’est un secret de polichinelle ! L’homme avait bon nombre de casseroles et restera mouillé de près comme de loin dans nombre d’affaires et autres magouilles mais si sa participation n’a jamais pu être prouvée de manière formelle. Mais force est de reconnaître que l’homme dégageait un charisme certain, agrémenté de son accent corse inimitable ! Un sacré parrain qui, à coup sur, a du forcer le respect chez ses plus fidèles comme ses plus féroces adversaires.

C’est en tout cas, un monstre de la vie politique française qui s’en va et avec lui des hommages plus consensuels, là où la droite pleure un homme politique hors-pair, la gauche se contente d’un salut républicain poli, à l’exception de certains qui rappelle qu’il a du sang sur les mains, celui de Malik Oussekine, un étudiant poursuivi par les forces de l’ordre (sous l’autorité de Charles Pasqua alors ministre de l’Intérieur), roué de coups et mort de ses blessures, en marge des manifestations contre la loi Devaquet en 1986.

Et je terminerai par un bon mot de cher Charles dont les idées progressistes ne se sont jamais démenties, notamment lors des élections régionales de 1988 où on parlait déjà de parité sur les listes :

« Il n’y a qu’à proposer une chose simple : toutes les femmes qui veulent avoir l’investiture doivent être baisables »

Voilà voilà !