L’UDE : faire de la politique correctement ?

François de Rugy, Jean-Vincent Placé et Jean-Luc Benhamias, lors du congrès fondateur de l'Union des démocrates et écologistes, le 17 octobre à La Villette (Paris)

François de Rugy, Jean-Vincent Placé et Jean-Luc Benhamias, lors du congrès fondateur de l’Union des démocrates et écologistes, le 17 octobre à La Villette (Paris)

Il y a près d’un an, je recherchais quelque chose de neuf, comme je l’indiquais sur ce blog. Face à une vie politique atone et qui me déprime de plus en plus, face à une gauche en panne et une droite qui ne cesse de courir après Marine Le Pen, il me fallait quelque chose de neuf, histoire d’y croire encore.

Dès lors, ce week-end dernier, tandis que le Parti socialiste tenait son référendum (sans suspense) sur l’unité de la gauche, les démocrates de gauche et les écologistes réformistes affichaient la leur dans le cadre du congrès-fondateur de l’Union des démocrates et des écologistes qui se tenait à la Villette, à Paris.

Durant une après-midi et devant trois cent personnes, des dizaines d’élus locaux et de parlementaires nationaux se sont succédés à la tribune et présenter cette nouvelle formation politique présidé par Jean-Vincent Placé, sénateur écologiste de l’Essonne.

L’UDE n’est pas une formation politique au sens classique du terme et elle regroupe en son sein deux partis politiques, le Front démocrate présidé par Jean-Luc Benhamias et Ecologistes ! fondé par François de Rugy qui a claqué la porte d’Europe Ecologie Les Verts en septembre dernier. La création de l’UDE est la conséquence d’un travail de réflexion sur l’état et l’avenir du centre-gauche avec pour objectif la constitution d’une maison commune, résolument réformiste et progressiste.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS présent lors du congrès fondateur de l'UDE entouré par Vincent de Rugy, Jean-Vincent Placé et Jean-Luc Benhamias

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS présent lors du congrès fondateur de l’UDE entouré par Vincent de Rugy, Jean-Vincent Placé et Jean-Luc Benhamias

Je ne sais pas si cette nouvelle formation politique aura les reins solides pour exister notamment face au PS et pour viser ses objectifs de devenir un grand parti selon les propos mêmes de Jean-Vincent Placé mais l’UDE a au moins un mérite : celui d’assumer son réformisme, un réformisme écologiste et social-démocrate qui accepte et revendique même l’exercice du pouvoir. Un positionnement plutôt audacieux à l’heure où il est plutôt tendance et bien vu à gauche de tirer à boulets rouges contre le gouvernement et la stratégie du président de la République, notamment au Front de gauche et à Europe Ecologie Les Verts.

Dès lors, l’UDE rassemble des militants issus d’horizons différents : ancien du PS, d’EELV, du PRG, du Modem qui ne se reconnaissent plus dans les pesanteurs et les appareils mais qui veulent proposer une nouvelle ambition pour notre pays considérant que toutes les idées sont bonnes à prendre, du moment qu’elles sont bonnes justement. Où les mots écologie et business ne sont pas incompatibles bien au contraire, on peut être de gauche et être résolument réformiste, sans tomber dans la caricature idéologique !

Une formation qui, elle veut se montrer loyale au PS, ne veut en aucun devenir son affidée comme l’a bien rappelé Jean-Luc Benhamias qui a même invité l’assistance à observer une minute de silence en hommage à Rémi Fraisse, cet activiste écologiste tué lors des affrontements avec les forces de l’ordre à Sivens, en octobre 2014.

CRhzao-UEAEmQaYReste à savoir si l’UDE saura se montrer effectivement originale ou ne sera qu’un parti de plus, servant les intérêts de certains et flattant les ego de ces responsables. Jugement un peu sévère de ma part, mais à l’heure où les partis politiques traditionnels perdent du crédit au près de nos concitoyens, de nouvelles ambitions et surtout de nouvelles méthodes doivent être mises en avant. Comme l’a si bien résumé Patricia Andriot, vice-présidente sortante de la région Champagne-Ardenne : « L’objectif n’est pas de faire de la politique autrement, mais faire de la politique correctement ».

Chiche ?