Oui à l’unité ? Et pourquoi faire ensuite ?

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Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste

Le résultat est sans appel et Camba a réussi son pari : plus de 250 000 Français ont pris part au référendum organisé par le Parti socialiste et ses alliés (Union des démocrates et écologistes et Génération Ecologie) dans le cadre des élections régionales de décembre prochain.

A la question « Face à la droite et à l’extrême droite, voulez-vous l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ? », près de 90% des votants ont répondu à la positive, avec des pointes jusqu’à 97% dans certaines villes.

Un résultat sans appel donc qui renforce, en apparence, Jean-Christophe Cambadélis qui peut se targuer d’avoir réussi cette consultation populaire à quelques semaines d’élections régionales annoncées comme périlleuses pour la majorité. Dès les votes connus, le premier secrétaire du Parti socialiste a adressé un courrier à l’ensemble des têtes de listes EELV et Front de gauche, afin d’entamer le dialogue et qui sait, les faire flancher.

Le résultat est, comme le disait, impressionnant et marque la volonté des sympathisants de gauche de voir celle-ci se regrouper à l’instar d’une droite républicaine et d’un centre-droit, à l’aube d’échéances électorales majeures. Toutefois, si l’intention de ce référendum était louable, je crains fort qu’il règle faussement le problème et les rapports entre le PS et ses partenaires historiques qui semblent bien déterminés à rabattre les cartes au sein de la gauche, quitte à contester le leadership de Solferino.

7133165Pour ma part, je n’ai pas pris part au référendum non pas parce que je suis contre l’unité de la gauche et des écologistes (bien au contraire !), mais que la question posée me paraissait non seulement stupide mais ne laissait que peu de place au doute et au suspense. En tenant cette consultation populaire, Solferino avait pour objectif de mettre le Front de gauche et Europe Ecologie Les Verts face à leurs responsabilités devant les Français, ce qui passait par un contournement de l’appareil et surtout des militants.

Jean-Luc Mélenchon, ancien co-président du PG et Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement, co-présidente du groupe EELV à l'Assemblée nationale

Jean-Luc Mélenchon, ancien co-président du PG et Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement, co-présidente du groupe EELV à l’Assemblée nationale

En jouant cette carte, le Parti socialiste espère exercer une pression sur ses partenaires de la gauche radicale et de l’écologie (radicale, désormais représentée par EELV), afin de mieux se dédouaner niveau responsabilités, en cas de large défaite de la gauche de gouvernement dans deux mois, notamment face aux Français. Surtout quand on sait que l’action conjointe menée par le PS, EELV et le Front de gauche en régions est plus que positive et que la stratégie menée par les deux derniers est tout simplement contre-productive. Une manière de dire au lendemain du 13 décembre : « vous voyez les Français voulaient l’unité de la gauche, une unité que nous prônions mais qui a été rejetée par certains ! »

Ce référendum en dit long sur l’état de la gauche française, minée entre utopies et exercice du pouvoir, entre une gauche radicale qui assume mal celui-ci et préfère le confort de la contestation (voire de la démagogie), et une gauche de gouvernement qui sait qu’elle perd des plumes lorsqu’elle exerce le pouvoir mais sait également que l’indignation de salon ne sert à rien, surtout dans le contexte d’une France en crise. Un état surtout inquiétant à dix-huit mois de la présidentielle qui pourrait provoquer un big-bang dans la vie politique française et qui devrait pousser le Parti socialiste à redéfinir ses relations avec le Front de gauche et Europe Ecologie Les Verts, en partant d’une simple question : « Oui à l’unité ! Mais pourquoi faire ensuite ? »

PS : écoutez l’édito d’Alba Ventura, journaliste politique à RTL. Il date du 22 septembre dernier mais reste très actuel.

3 thoughts on “Oui à l’unité ? Et pourquoi faire ensuite ?

  1. 19 octobre 2015 at 2:27

    « Camba a réussi son pari. »
    « Le résultat est, comme le disait, impressionnant. »

    Trois personnes ont organisé un contre-référendum. Trois, une femme et deux hommes. Sans organisation derrière. Sans moyens, ni financiers, ni humains. Et ce contre-référendum a vu la participation de plus de 10 000 personnes.

    Le PS, avec ses centaines de salariés, ses milliers d’élus, ses milliers de collaborateurs d’élus, ses dizaines de milliers de militants, sa puissance financière, son organisation, n’a fait participer que 25 fois plus de personnes. Un rendement minable. Pour la productivité je ne suis pas impressionné.

    Pour nous départager, nous aurons les résultats des régionales.

    1. gilles
      19 octobre 2015 at 2:38

      Effectivement, il y a aura les régionales

  2. 19 octobre 2015 at 9:06

    L’unité? Oui, mais qui donc peut être « contre l’unité « ?
    L’unité? Oui, mais sur quelles bases et pour qu’elle politique commune?
    L’unité? Oui mais, pour faire quoi?

    Et quand on voit la «gueule de l’Unité» qu’on nous propose: [De Rugy (?!?), JV Placé (no comment), et… Bennahmias (wtf?)], je ne sais si on peut décemment parler d’unité quand on évalue le « poids politique » des partenaires de l’Unité de Cambadelis. S’unir avec des « faire-valoir » ne fera pas avancer le PS, ni la Gauche.

    On va attendre «l’unité interne au PS» avec les Montebourg ( 15% à la Primaire PS), Benoît Hamon, Martine Aubry, 34%, les Verts, le FdG qui avait bien mobilisé en 2012 pour la victoire du 06 mai 2012, et sans oublier ceux qu’on nomment «Frondeurs PS». C’est autour des valeurs et d’une «politique commune» que se fonde une «Unité», pas à l’issue d’un «Brocante (politique)», ou un «Diner de cons» avec des mecs sans électeurs et qui courent après des places électives ou pour s’asseoir à la table du Gouvernement.

    Voilà pour «L’Unité».