Fluctuat nec mergitur

506737199_640Vendredi 13

Ca devait être un jour comme un autre.

En fait, c’était un jour comme un autre. Je vaquais à mes occupations, j’allais à ma salle de sport située près de la place de Clichy.

Un jour comme un autre jusqu’à cette alerte sur mon iPhone aux alentours de 22h15. Une fusillade en cours dans un restaurant dans le X° arrondissement, une vingtaine de morts à déplorer. Je vois un camion de pompier descendre l’avenue de Clichy à toute allure, je me dépêche de rentrer chez moi.

Malgré les textos de ma copine et un coup de fil d’un ami belge m’appelant tout droit de Bruxelles, je ne réalise pas immédiatement la gravité de cette attaque. Puis, j’apprends qu’il y a eu des explosions au Stade de France, un soir de match, ce soir où un couple d’amis proches a l’habitude de s’y rendre (l’une parce qu’elle y travaille, l’autre parce qu’il est fan de football et de l’équipe de France). Puis, j’apprends l’attaque et la prise d’otage du Bataclan.

Je rentre chez moi, mon père m’appelle pour savoir où je suis. Puis je regarde la télé. Je réalise peu à peu. Je serai collé à la télé, à mon Mac puis à mon iPhone jusqu’à quatre heures du matin. Entretemps, j’aurai entendu le président de la République prononcer un discours juste, fort et digne comme on attend qu’il soit.

Vers dix heures, je lève les yeux. Entretemps, j’avais envoyé un texto à ma copine pour lui dire que je suis rentré et en sécurité. Elle ne répond pas. Mais comment lui en vouloir, elle doit être sous le choc elle aussi.

Je me réveille hagard, incapable de me lever. Difficile de réaliser qu’un groupe de terroristes ait décidé de tuer à l’aveugle juste parce qu’il juge qu’écouter de la musique est une abomination et boire un verre en terrasse, un péché mortel. Dans leur monde idéal, la religion est au centre de tout et la démocratie une belle putain !

Vers midi, l’Etat islamique a revendiqué l’attentat. Même si je ne suis pas surpris, cette annonce m’émeut. Car cela veut dire que notre diplomatie devra changer de fusil d’épaule et de stratégie face à ces fous, ces fascistes à la fois archaïques et si modernes. Oui, Daesh nous a déclaré la guerre et Manuel Valls a eu raison de rappeler que nous sommes en guerre.

En attendant les polémiques et les récupérations politiques de tous bords, l’heure est au recueillement et à la réflexion. Pour moi, cela passe par la plume, comme un besoin irrésistible d’exprimer ce que je ressens. De la tristesse, de l’incompréhension, de la colère… mais pas de haine car ces enfoirés ne le méritent pas. Notre mépris oui !

En tant que Parisiens, nous devons rester debout et fidèle à notre devise : « Fluctuat nec mergitur ». Et une pensée pour les victimes et les blessés.